BFMTV

La stratégie du FN face aux affaires

La campagne de Marine Le Pen est rythmée ces jours-ci par différentes affaires concernant son parti. Pourtant la candidate du FN ne semble pas affectée et continue de caracoler en tête des intentions de vote au premier tour. Le résultat d'une stratégie de victimisation dont joue le parti.

Soupçons d’emplois fictifs au Parlement Européen, de surfacturation et de prêts illégaux lors de campagnes électorales… les affaires qui visent le Front national s'accumulent.

Et pourtant, contrairement à François Fillon dont la dynamique de campagne a été fortement fragilisée par les affaires dans lesquelles il est empêtré, Marine Le Pen ne semble pas affectée par toutes ces accusations. Elle continue de caracoler en tête des intentions de vote au premier tour.

Un exploit qui serait le fruit d'une stratégie adoptée par le FN: 

"Dans les accusations qui sont portées contre le Front national, il n'y a pas de suspicion d’enrichissement personnel et ça, Marine Le Pen le met beaucoup en avant. Elle tombe de moins haut et son électorat est relativement imperméable à ces accusations qu’ils perçoivent souvent comme une attaque du système contre son parti", explique Alexandre Sulzer, journaliste politique à L’Express.

"La presse n'est plus le véritable contre-pouvoir"

Une stratégie de la victimisation que Marine Le Pen prolonge en présentant les médias comme des bourreaux qui voudraient anéantir sa candidature:

"Je ne peux que vous inciter à aller vous-même à la pêche aux informations en utilisant internet et en ayant un accès direct à une information sans filtre et non transformée. Il en va de la vérité et de votre liberté. Le véritable contre-pouvoir ce n’est plus la presse", a-t-elle martelé ce vendredi lors d'un meeting à Pierrelatte.

Autre institution que la direction du parti a dans le collimateur: la justice française.

"Il y a simplement une obstruction à une forme d’injustice qui lui est faite qui est celle de précipiter artificiellement des auditions à deux mois des élections en pleine campagne présidentielle", assure Rodolphe Bosselut, l'avocat de la présidente du FN.

Une façon pour Marine Le Pen de justifier l'utilisation de son immunité parlementaire pour refuser d'être entendue par les enquêteurs dans le cadre de dans l'affaire des assistants parlementaires FN au Parlement européen.

Marie-Caroline Meijer avec Marine Scherer, Olivier Boulenc et Charlotte Planet