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Béziers: les enfants de chômeurs privés d'accueil à l'école avant 8h30

Robert Ménard est devenu le maire de Béziers lors des dernières élections, avec le soutien du Front national.

Robert Ménard est devenu le maire de Béziers lors des dernières élections, avec le soutien du Front national. - -

Le maire de Béziers, Robert Ménard, a pris la décision de remplacer l'étude surveillée de 7h35 à 8h30 le matin en primaire par un simple accueil, et de réserver celui-ci aux enfants dont les deux parents travaillent. L'opposition tempête.

Lui parle de simples "économies", l'opposition, elle, crie à la discrimination. Le maire de Béziers, Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, a annoncé lors du dernier conseil municipal une nouvelle règle pour les 54 écoles primaires de la ville: à partir de la rentrée prochaine, les activités périscolaires seront réservées aux enfants dont les deux parents travaillent. Exit les autres écoliers.

Dans les faits, cette nouvelle réglementation concerne uniquement l'étude surveillée de 7h35 à 8h30 le matin, que le maire a supprimée. Désormais, il n'y aura qu'un simple "accueil" des petits élèves avant le début des cours, à condition que les parents montrent patte blanche à travers un contrat de travail. Une règle qui concerne déjà l'école maternelle, et qui jusqu'à présent n'avait pas créé de polémique, assure-t-on à la mairie.

Joint par BFMTV.com, Robert Ménard assume avec virulence cette décision. "Actuellement, seuls 320 élèves sur 6.500 assistent à l'étude surveillée. Voilà pourquoi je la supprime. Quant à réserver l'accueil aux enfants de parents qui ont un emploi, cela me semble être une évidence. Je ne crois pas qu'il y ait des tonnes de rendez-vous pour des entretiens d'embauche avant 8h30! Et si le cas se présente, nous accorderons évidemment une dérogation ponctuelle pour accueillir l'enfant."

Des économies sur l'étude, des dépenses sur les blouses

Aimé Couquet, conseiller municipal d'opposition à Béziers, et membre du PCF, est celui par qui la révolte gronde sur ce sujet. Vendredi dernier, l'élu a écrit au sous-préfet. Il souhaite l'intervention de l'Etat sur cette délibération et sur deux autres, qu'il juge contraires à la loi. "Le service public doit être le même pour tous! Le Conseil d'Etat a statué là-dessus le 10 mai 1974. Je souhaite que le tribunal administratif juge cette règle qui vise, encore et toujours, à pointer du doigt ceux qui ne travaillent pas", regrette l'homme politique, joint par BFMTV.com.

Pourquoi le maire a-t-il pris une telle décision? "Je veux faire des économies dans cette ville", plaide Robert Ménard, "et je le fais dès que je juge qu'une dépense est secondaire. Là, nous n'aurons plus à payer des enseignants le matin pour assurer cette heure d'étude, qui au fond, ne sert pas à grand-chose. Les élèves n'ont pas envie de faire des devoirs à 7h35".

Pourtant, dans le domaine de l'éducation, Robert Ménard ne fait pas des économies sur tout. En effet, le maire de Béziers vient de décider d'une nouvelle dépense: celle qui permettra de financer la fabrication de blouses pour les élèves qui le souhaitent, brodées du blason de la ville. "Ca, je pense que c'est nécessaire, notamment pour gommer les inégalités sociales entre les écoliers", nous confie le maire. Etrange lorsqu'il s'agit en même temps de barrer l'accès à l'étude surveillée du matin aux enfants de chômeurs.

Alexandra Gonzalez