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2 millions saisis au RN: Marine Le Pen dénonce "un véritable attentat"

Au lendemain de l'annonce de la saisie de 2 millions d'euros du Rassemblement national (ex-FN) par la justice dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs, Marine Le Pen est l'invitée de BFMTV et RMC.

Elle craint pour la survie de son parti. Et n'a pas de mots assez durs pour évoquer l'affaire. Marine Le Pen, invitée de Bourdin Direct pour BFMTV et RMC ce lundi, réagit violemment à la saisine par la justice de 2 millions d'euros d'aide publique destinée au Rassemblement national (ex-FN) dans le cadre de l'enquête sur les emplois fictifs présumés d'assistants européens:

"Deux juges ont décidé, violant la présomption d'innocence, sans aucun jugement d'un tribunal, d'assassiner le premier parti d'opposition de France", dénonce-t-elle sur notre antenne, critiquant une décision, selon elle, qui ne repose "sur aucun critère légal qui permet une confiscation de ce type".

"C'est un véritable attentat contre la démocratie", ajoute l'élue d'extrême droite, évoquant également un "coup d'Etat" de la part des juges.

Les salaires pas versés fin en août?

La députée de la 11e circonscription du Pas-de-Calais détaille aussi pourquoi elle estime cette confiscation contraire à la loi. "Elle est illégale parce qu'elle ne respecte pas la présomption d'innocence" insiste-t-elle avant de poursuivre:

"Elle est basée sur un article qui permet de confisquer les fruits du trafic de drogue, pour essayer de résumer, elle est illégale parce qu'elle ne respecte aucune proportionnalité puisqu'elle entraîne la mort du Rassemblement national fin août, car nous verserons les salaires de nos employés fin juillet mais, fin août, en l'état, nous ne pouvons pas les verser." En l'état, la patronne du parti affirme que sa formation "ne peut plus imprimer une affiche, ne peut plus sortir un tract".

Un appel déposé dès ce lundi matin

Sur le fond de l'affaire, celle qui était qualifiée au second tour de l'élection présidentielle de 2017 conteste "formellement l'infraction" reprochée à son mouvement.

"Les juges d'instruction se comportent comme les avocats du Parlement européen, mais il n'y a aucun risque de dissipation de cette créance hypothétique puisque notre mouvement touche 4 millions et demi d'euros de la part de l'Etat chaque année"; assure-t-elle. Ce qui lui fait dire que cette sanction est une "décision politique". 

"Non, nous n'avons pas payé des collaborateurs du parti avec des fonds européens, dix fois non" se défend notre invitée, qui annonce que son parti doit faire appel "dès la première heure" ce lundi matin.

Cessation de paiement

Dimanche, RMC a révélé que les juges français ont saisi, dans le cadre de l'affaire des assistants présumés fictifs d'eurodéputés FN, 2 millions d'euros d'aide publique due au Rassemblement national (RN, ex-FN), qui risque la cessation de paiement.

Les juges financiers parisiens qui enquêtent sur cette affaire, dont le préjudice estimé par le Parlement européen est de 7 millions d'euros pour la période 2009 à 2017, ont demandé, dans une ordonnance datée du 28 juin, "la saisie pénale d'une somme destinée au Front national au titre de l'aide publique apportée aux partis pour un montant de deux millions d'euros".

Jé. M.