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Fédérer la majorité présidentielle, l'un des premiers grands défis de Jean Castex

Le premier ministre Jean Castex s'adresse aux médias après une visite sur le site de production de l'entreprise de haute technologie X-FAB à Le Coudray-Montceau, sud de Paris, le 4 juillet 2020

Le premier ministre Jean Castex s'adresse aux médias après une visite sur le site de production de l'entreprise de haute technologie X-FAB à Le Coudray-Montceau, sud de Paris, le 4 juillet 2020 - Thomas COEX © 2019 AFP

En recevant députés et sénateurs de la majorité ce lundi soir, le tout nouveau Premier ministre souhaite reprendre la main sur la majorité, qui avait été délaissée par son prédécesseur Édouard Philippe.

"Dans la fonction qui est désormais la mienne, je considère qu’il est de mon devoir, avec le président de la République, de mobiliser et de fédérer." Dans une interview accordée ce week-end au Journal du Dimanche, le tout nouveau Premier ministre, Jean Castex, a fait montre de sa volonté de se rapprocher des députés et sénateurs de la majorité présidentielle: "Le plus important, c’est ma relation avec la majorité parlementaire."

Cette opération reconquête devrait d'ailleurs débuter dès ce lundi soir, alors que le chef du gouvernement, dont la composition devrait être annoncée dans les heures qui viennent, doit recevoir à Matignon députés et sénateurs de la majorité.

À cette réunion seront conviés les parlementaires LaREM, mais également ceux des groupes MoDEM et Agir, proches alliés à l'Assemblée nationale. Par cette rencontre, Jean Castex rompt ainsi avec le fonctionnement de son prédécesseur, Édouard Philippe, qui ne s'intéressait que très peu à la majorité et à son fonctionnement.

Démissionnaire des Républicains

De fait, Jean Castex semble vouloir prendre un poids plus important que celui qu'il occupait au sein des Républicains, sa formation politique il y a encore quelques jours. "Je suis peu attaché aux affaires des partis, mais il me semble naturel de m’inscrire sans ambiguïté dans le mouvement majoritaire qui soutient l’action du Président", a encore assuré dans le JDD.

Pourtant, et c'est l'un de ses points communs avec Édouard Philippe, Jean Castex ne possède pas, en tout cas pour l'heure, de carte à LaREM. Il a en revanche bien quitté les Républicains la semaine dernière, sa lettre de démission avait été envoyée au président du parti Christian Jacob au lendemain de la victoire du RN à Perpignan.

"J’ai rendu ma carte il y a quelques jours car j’avais été mécontent de la façon dont avait été soutenu le candidat à Perpignan", avait-il expliqué vendredi soir à l'antenne de TF1, pour sa première allocution.

"Je ne le connais pas"

Comme le souligne L'Opinion, cette lettre de démission épargne à LR une situation plutôt inconfortable. Le média rappelle cet épisode de 2017, au cours duquel trois membres du parti de droite avaient été nommés dans le premier gouvernement d'Emmanuel Macron: Édouard Philippe, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu. Ces derniers, qui n'avaient pas démissionné, avaient finalement été renvoyés du parti après quatre mois.

Pour autant, le rassemblement s'annonce ardu pour Jean Castex qui, comme il l'a lui-même avoué, n'a que très peu eu à se confronter à ce type de situations.

"Je ne le connais pas. Il n’a jamais occupé de responsabilités au sein de notre famille politique. C’est un technocrate [qui] a toujours perdu [les élections]"; taclait vendredi à l'antenne de RTL Christian Jacob.

Toujours dans le Journal du Dimanche, le Premier ministre tente malgré tout de faire bonne figure.

"Celui qui accepte de devenir Premier ministre est, par vocation, le chef de la majorité: c’est son devoir de l’animer et de l’associer, dans l’écoute et la pédagogie", conclut-il.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV