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LFI propose aux parlementaires de gauche de participer à une cagnotte pour les grévistes

Jean-Luc Mélenchon lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 12 décembre 2018 -

Jean-Luc Mélenchon lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 12 décembre 2018 - - Bertrand GUAY / AFP

Après avoir suggéré l'idée durant une manifestation à Paris, Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot ont signé une lettre à l'attention de leurs collègues, dans laquelle il est proposé d'alimenter une "caisse de solidarité" pour les salariés manifestant contre la réforme des retraites.

Depuis quelques semaines déjà, conformément aux nouvelles mœurs sociales, les cagnottes numériques à l'attention des salariés en grève contre la réforme des retraites se multiplient. L'une d'entre elles a bientôt dépassé les 1,5 million d'euros. D'après La France insoumise, c'est désormais au tour des élus de mettre la main au pot.Dans une lettre publiée vendredi et signée par Jean-Luc Mélenchon et la députée du Val-de-Marne Mathilde Panot, il est proposé à l'ensemble des "parlementaires d'opposition à l'Assemblée nationale et au Sénat" de "constituer une caisse de solidarité avec les grévistes". Le leader de la gauche radicale avait déjà formulé l'idée lors de la manifestation du 24 décembre, partie de la gare de Lyon à Paris.

"La lutte de celles et ceux qui sont mobilisés est exemplaire (...) mais cette grève dans l'intérêt de toutes et tous repose sur les moyens financiers des seuls grévistes qui portent tout le poids des pertes de salaire. Leur vie matérielle et celle de leur famille subit un terrible choc", peut-on lire dans ce courrier relayé sur les réseaux sociaux. "C'est notre devoir de partager avec eux cet effort", ajoutent ses deux auteurs.

"Dimension symbolique"

Concrètement, une cagnotte a donc été ouverte sur la plateforme Leetchi afin de recueillir des dons de parlementaires. "Nous pourrions en remettre le montant ensemble aux syndicats dès le lundi 6 janvier", conclut la lettre. 

Contacté par BFMTV.com, le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel reconnaît la dimension "avant tout symbolique" de l'initiative, "une manière de dire aux grévistes, 'vous n'êtes pas seuls'". Depuis le début de la mobilisation syndicale, l'ensemble des partis se revendiquant de la gauche tentent de faire front commun contre la réforme. "Comme pour le référendum contre la privatisation d'Aéroports de Paris", invoque l'élu insoumis, comme le fait d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon dans un billet de blog publié vendredi.

Une telle cagnotte, si généreuse soit-elle, peut aussi être un moyen facile de jauger le soutien apporté par tel ou tel député ou sénateur, qu'il soit socialiste, écologiste, communiste ou insoumis. "Ce n'est pas pour mettre qui que ce soit au pied du mur. Mais je n'ose imaginer qu'il n'y ait pas beaucoup de parlementaires qui contribuent", précise Eric Coquerel.

Jules Pecnard