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"Etes-vous autiste?": Cédric Villani a trouvé la question de Quotidien "moins brutale que les rumeurs" qui le visent

Cédric Villani, candidat à la Mairie de Paris

Cédric Villani, candidat à la Mairie de Paris - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le député de l'Essonne et candidat aux municipales à Paris a été interrogé sur le sujet mercredi soir dans l'émission Quotidien.

La séquence de quelques secondes, diffusée mercredi soir dans l'émission Quotidien, a fait de nombreux remous sur les réseaux sociaux. Cédric Villani, candidat à la prochaine élection municipale à Paris, a en effet été questionné sur son possible autisme par un journaliste du talk-show.

A cette interrogation, le député de l'Essonne et lauréat de la prestigieuse médaille Fields, considérée comme l'équivalent du prix Nobel en mathématiques, a répondu qu'il ne savait pas. "Je n'ai jamais éprouvé le besoin de me faire diagnostiquer et qu'est-ce que ça changerait?", a-t-il répondu au journaliste. 

"C'est très bien ainsi" 

Ce jeudi, après les réactions indignées d'internautes et de politiques sur les réseaux sociaux face à la violence de la question, Cédric Villani a tenu, dans un communiqué, a dénoncer les "rumeurs", tout en indiquant ne pas en vouloir à l'émission Quotidien. 

"La question de Paul Larrouturou (le journaliste, ndlr) est en fait bien moins brutale que des rumeurs qui ont circulé sur moi ces dernières semaines. Je préférerai toujours les questions franches aux insinuations et rumeurs malveillantes", a-t-il déclaré.  "Une question directe sur l'autisme ne devrait pas être vue comme stigmatisante, car l'autisme ne devrait pas être stigmatisé", ajoute le candidat dissident, en souhaitant que le sujet soit "abordé de façon apaisée". "Et si l'émission peut y contribuer, c'est très bien ainsi", conclut-il.

De nombreux observateurs avaient salué le sang-froid de Cédric Villani dans sa réponse initiale. "Toujours, dans tous mes combats, j'y suis allé avec mon coeur, avec ma sincérité, sans chercher à me gommer, tel que je suis. Nous sommes tous différents, nous avons tous nos particularités, parfois plus visibles que d'autres", avait-il plaidé.

Réactions unanimes

Son adversaire pour le futur scrutin, Benjamin Griveaux, avait, dans un tweet, félicité l'"excellente réponse de Cédric Villani, pleine d'élégance, d'humanité et d'intelligence."

"Les personnes neuroatypiques, autistes, Asperger, (...) ou toute autre 'différence' ont toute leur place dans la démocratie ! Respectons le choix de chacun d'en parler ou non, sans assigner quiconque à cela. Débattons du fond avec Cédric Villani, pas de sa personne", a réagi de son côté la secrétaire d'État chargée de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, toujours sur les réseaux sociaux.

"Indépendamment des désaccords de fond avec Cédric Villani, sa réponse à cette question est juste parfaite", a conclu sur Twitter le porte-parole du PCF, Ian Brossat.
Hugo Septier avec AFP