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Entre Macron et Le Pen, un nouveau face à face se prépare

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

Un an et demi après le second tour de l'élection présidentielle, un nouveau duel s'annonce entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron à l'approche des élections européennes de mai prochain.

D'un côté, un chef de l’Etat requinqué, en plein opération (re) séduction et soucieux de retisser le lien avec les Français. De l'autre, sa meilleure ennemie, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, galvanisée par le mouvement des gilets jaunes. A quatre mois des élections européennes, les deux anciens adversaires semblent en bonne position pour se retrouver de nouveau face-à-face. Et cela ne semble pas leur déplaire.

Duo de tête

Vingt mois après le second tour de la présidentielle de 2017, un nouveau duel Macron-Le Pen semble non seulement à l'ordre du jour, mais pourrait même être plus qu'intéressant pour ce duo de tête, seul à capitaliser sur la crise des gilets jaunes. Et puis, Marine Le Pen l'assure, les Républicains et le Parti socialiste sont en passe de devenir "des anciens grands partis".

En pleine offensive depuis le lancement du grand débat national mardi, le président le sait, il doit reconquérir les Français. Pour sa tournée des régions, chaque mot est minutieusement choisi, chaque expression. Bref, Emmanuel Macron repart en campagne. A l'unisson de son parti, LaREM, qui va lancer dès ce samedi une opération inédite depuis la campagne présidentielle. Les adhérents sont invités à distribuer sur les marchés tracts et affiches pour faire la promotion du grand débat national et expliquer les gestes du gouvernement depuis la crise des gilets jaunes.

Rebondir grâce aux européennes

Et si Emmanuel Macron est en phase de reconquête, ce n'est pas le cas de Marine Le Pen, qui surfe sur le mouvement et compte bien s'en servir pour "battre Macron" sur tous les fronts. C'est en tout cas ce quelle a déclaré dimanche à Fréjus lors du lancement de la campagne du RN pour les européennes.

"Si Emmanuel Macron n'a pas la sagesse de changer la politique, s'il n'a pas la sagesse de se tourner à nouveau vers le peuple par une dissolution, pour en appeler au jugement démocratique, alors l'arbitrage démocratique devra venir des élections européennes", a lancé la présidente du RN, qui mise tout sur ces élections pour rebondir.

Macron sur le terrain de Le Pen

Pour ce "match retour", Emmanuel Macron et Marine Le Pen comptent bien se renvoyer la balle, car le duel promet d'être âpre. Alors que la popularité du chef de l'Etat a gagné 4 points en janvier selon un sondage Ifop-Fiducial publié mardi, celle de Marine Le Pen enregistre elle aussi une hausse. Après avoir gagné deux points début janvier, la popularité de la présidente du Rassemblement national progresse de 5 points supplémentaires, pour atteindre 33% d'opinions favorables.

Mais pour recoller, Emmanuel Macron opte pour une stratégie semblable à celle de la présidentielle: lui ou "le chaos" du fascisme. Le chef de l'Etat continue donc de jouer la carte de la montée des extrêmes en remettant sur la table des sujets brûlants. Dans sa lettre aux Français il a notamment proposé de fixer des "objectifs annuels" en matière d'immigration, réaffirmant au passage le principe du droit d'asile. Une façon de venir habilement sur le terrain de Marine Le Pen.

Laquelle n'a pas manqué de souligner que le scrutin du 26 mai serait "comme la réplique de la présidentielle". En imaginant, forcément, une autre issue à cette deuxième manche.

Manon Fossat