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Enquête sur une nouvelle garde à vue litigieuse en France

Une enquête a été ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) après la plainte de deux frères de 18 et 19 ans disant avoir été victimes d'un placement en garde à vue abusif et de violences policières. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvigneau

Une enquête a été ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) après la plainte de deux frères de 18 et 19 ans disant avoir été victimes d'un placement en garde à vue abusif et de violences policières. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvigneau - -

PARIS - Une enquête a été ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) après la plainte de deux frères de 18 et 19 ans disant avoir été...

PARIS (Reuters) - Une enquête a été ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) après la plainte de deux frères de 18 et 19 ans disant avoir été victimes d'un placement en garde à vue abusif et de violences policières, apprend-on de source proche du dossier.

Le débat sur la procédure de la garde à vue est vif en France en raison de la banalisation de cette procédure coercitive, qui a été utilisée plus de 800.000 fois l'an dernier. Une réforme est annoncée par le gouvernement.

Dans le nouveau litige, l'enquête a été confiée à l'Inspection générale des services (IGS, la "police des polices"). Les policiers mis en cause contestent formellement les accusations.

L'affaire a commencé samedi avec l'interpellation d'un conducteur en état d'ivresse, placé en cellule de dégrisement au commissariat de Gagny. Ses amis se sont alors rassemblés devant le commissariat pour demander sa libération.

Le ton est monté et les policiers sont intervenus pour disperser l'attroupement, et ils ont arrêté les deux frères qu'ils ont mis en garde à vue sur place.

Les versions divergent ensuite. Les jeunes gens disent avoir été molestés et qu'ils ont été libérés au bout de 43 heures sans poursuites judiciaires.

Un des frères a témoigné sur France Info. "J'ai été giflé à trois reprises. Et durant ma garde à vue, un policier est entré dans ma cellule, il était suivi de cinq collègues. Il m'a dit: je n'ai plus d'arme, plus de matraque, plus de plaque. Et que si je voulais le frapper, il ne fallait pas que je le loupe, parce que moi, il ne me louperait pas", a-t-il dit.

Les policiers disent n'avoir commis aucune violence et assurent que les jeunes gens n'ont pas eu accès à un médecin car ils ne l'ont pas souhaité, dit-on de source syndicale policière. Les poursuites ne sont pas abandonnées contre les deux jeunes gens, ajoute-t-on, mais seulement différées dans l'attente de certains éléments.

Thierry Lévêque, avec Nicolas Bertin, édité par Gilles Trequesser