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Emmanuel Macron rencontre des jeunes femmes victimes de violences

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron. - Etienne LAURENT / POOL / AFP

Le chef de l'État s'est rendu dans les locaux parisiens de l'association "Une femme un toit", qui recueille des jeunes femmes de 18-25 ans victimes de violences, pour écouter leur témoignage, à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Intimidées ou combatives, parfois émues aux larmes, quatre très jeunes femmes ont raconté pendant deux heures mercredi à Emmanuel Macron comment elles ont fui les coups d'un père ou d'un mari violent et se sont retrouvées à la rue.

C'est dans les locaux parisiens de l'association "Une femme un toit", qui recueille des jeunes femmes de 18-25 ans victimes de violences, que le chef de l'État s'est rendu pour écouter leur témoignage, à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Dans un petit salon, le président, accompagné de la ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes Elisabeth Moreno, a discuté avec les résidentes, que l'association aide à se reconstruire.

Sa directrice, Marie Cervetti, raconte des tortures au fer à repasser, des excisions, des viols multiples, des mariages forcés, des corps brisés, des tendances suicidaires. Le drame commence souvent par une rencontre avec un homme qui se révèle violent et les coupe de leur famille.

"Il a d'abord contrôlé mon téléphone, puis ma tenue, puis m'a interdit de sortir. Les violences et les insultes ont augmenté, de lui et de sa famille. Un jour j'ai préféré partir, sans rien", raconte la première jeune femme, qui a erré pendant huit mois avant d'être recueillie par l'association. "C'est très long", s'est désolé Emmanuel Macron.

7500 places d'hébergement en 2021

Marie Cervetti l'a remercié pour les 40 places supplémentaires qui lui ont été promises dans le cadre du Grenelle des violences conjugales. À la suite de celui-ci, 2000 places supplémentaires d'hébergement pour les femmes victimes de violences ont été annoncées en 2019 et 2020. Elle atteindront ainsi 7500 contre 5000 au début du quinquennat.

"Ici, les jeunes femmes restent en moyenne 18 mois. En arrivant 93% sont en-dessous du seuil de pauvreté, 51% ont été victimes de violences conjugales, 66% de violences sexuelles, 88% de violences au sein de leur famille et 23% ont dû se prostituer quand elles étaient dans la rue", a expliqué la directrice, qui refuse qu'elles s'installent dans "un statut victimaire".

Plusieurs ont raconté au président une forme d'emprise de celui qu'elles avaient rencontré. L'une a été quasiment séquestrée par un conjoint violent. Un jour son père est intervenu et elle a pu s'enfuir. Mais elle n'ose plus le revoir. "Je les ai trop trahis".

"Vous êtes tombée amoureuse d'un salaud, ce n'est pas votre faute. Il ne faut pas se sentir coupable. Celui qui doit avoir honte, c'est lui! Votre père, il est plus malheureux s'il ne vous a pas. C'est trop con de ne pas lui parler", s'écrie le chef de l'Etat. "Dites-lui que le président vous a demandé de l'appeler", sourit Elisabeth Moreno. L'assistance rit.

Aucune des jeunes femmes en revanche n'a prononcé le mot d'amour. "S'il y avait de l'amour, il n'y aurait pas de coups", constate la directrice.

C.Bo. avec AFP