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Réseaux sociaux: l'Elysée s'engage pour le meilleur et pour le pire

La page "réseaux sociaux" sur le site de l'Elysée

La page "réseaux sociaux" sur le site de l'Elysée - Capture d'écran

De Facebook à Snapchat en passant par Twitter, Instagram ou Periscope, l'Elysée a voulu mettre François Hollande partout sur les réseaux sociaux. Sans toujours toucher sa cible.

Avec un smartphone et une bonne connexion, Periscope permet de diffuser gratuitement un flux vidéo en direct, relayé par un compte Twitter et visible par tous. Quelle aubaine pour toucher sa cible au coeur. Mais comme le joueur du PSG Serge Aurier ou un détenu de la prison de Béziers avant lui, François Hollande a amèrement pu constater cette semaine que l'exercice n'est pas sans risque. Souhaitant relayer ses échanges avec les salariés de Showroom privé, la parole du président de la République a été polluée par des commentaires moqueurs voire orduriers. Evidemment, le service communication de l'Elysée a été montré du doigt pour ce qui ressemble à un échec 2.0.

Une pratique moderne

Outre Periscope donc que François Hollande avait déjà utilisé, "l'Elysée est présent sur l'ensemble des réseaux sociaux", rappelle à BFMTV.com Fabrice Pelosi, conseiller communication chez Tilder. "Que dirions-nous si ce n'était pas le cas!", poursuit-il. Et pour cause, les services de la présidence de la République utilisent abondamment les classiques Facebook et Twitter, relais avantageux pour dépasser l'étape du communiqué envoyé à la presse ou pour rendre compte en temps réel des mots et rencontres du chef de l'Etat.

L'Elysée est aussi sur Snapchat ou Instragram sans parler des reportages vidéos produits en interne. Une pratique moderne loin des visites mise en scène, comme chez Lucette Brochet en Meurthe-et-Moselle

"Comme souvent sur les réseaux sociaux, il y a de tout, des commentaires négatifs et positifs, des propos pertinents et d'autres hors sujet. Mais cela permet de varier les modes de dialogue et de discussion avec les citoyens, en dehors des médias classiques", explique Gaspard Gantzer le monsieur com' de François Hollande au Lab. De fait, l'Elysée assume, dérapages compris.

Hollande "se retrouve dans un piège tendu par ses propres troupes"

"Aller sur les réseaux sociaux, c'est prendre un risque, explique Fabrice Pelosi mais ils doivent, quel que soit le support, être anticipé en amont. De plus, la vidéo Periscope est restée 24 heures sur le site de l'Elysée. Idem pour des commentaires sous des post Facebook ou des clichés Instagram. C'est dévastateur en termes d'images car il n'y a aucun fond et que cela porte atteinte à la fonction." En effet, alors que les jeunes sont ciblés par cette stratégie, la majorité des commentaires sont orientés.

"Les réseaux sociaux ne sont que du bashing intégral. (...) C'est de la lapidation numérique", juge Franck Tapiro, publicitaire, président de l'agence Hémisphère Droit. "Le chef de l’État se retrouve dans un piège tendu par ses propres troupes, simplement parce qu'ils ont oublié une fonction qui est de désactiver les commentaires", s'étonne Philippe Moreau-Chevrolet, président et fondateur de MCBG Conseil. 

Et ça ressemble au revers de la médaille numérique d'une bataille que François Hollande ne veut pas mener, préférant les vieilles recettes à l'inverse de Manuel Valls, d'Emmanuel Macron ou de Bruno Le Maire à droite. Dans le même temps, Alain Juppé ou Marine Le Pen utilisent eux le blog, sur le principe du journal intime.

Mais alors se pose la question de l'usage des réseaux sociaux comme outil de communication politique quand ils servent - ou desservent - en fait l'individu. Les réseaux sociaux sont un outil d'image quand le message politique ne passe pas.

"Les réseaux sociaux induisent une interaction"

En septembre dernier, lors du lancement de son nouveau site Internet, la part belle était fait aux réseaux sociaux, censée donner une "image moderne de la présidence" grâce à un "design beaucoup jeune". En fait, le monde de la communication politique a changé: un récent article du blog tenu par le SIG (Service d'information gouvernementale) expliquait que "l'attaché de presse était devenu un community manager" dans les préfectures. Ailleurs aussi. 

A partir de l'exemple présidentiel, Fabrice Pelosi insiste:

"Ce qu'il faut bien comprendre c'est que les réseaux sociaux induisent une interaction".

Or, cette semaine François Hollande a donné uniquement à voir. Et pas forcément du glamour, comme sait si bien le faire le président américain Barack Obama dont l'image est excellente malgré les critiques sur sa politique...