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Remaniement : Hollande et Valls ne sont pas d'accord 

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EDITO – Pour notre éditorialiste Apolline de Malherbe, François Hollande et Manuel Valls divergent sur le type de remaniement à effectuer suite à la déroute des départementales.

Manuels Valls commence sa deuxième année à Matignon. Il reste à la tête du gouvernement malgré la déroute du PS suite au deuxième tour des départementales, mais il est fragilisé. En effet au cours de sa première année, il a accumulé : une division de la gauche, une défaite aux municipales et tout récemment, une défaite aux départementales. 

Manuel Valls a sur-personnalisé sa fonction. Il a donc sur-cristallisé les critiques. Par ailleurs, le front «tous contre Valls» qui s'était formé antérieurement est en train de se reconstituer. Manuel Valls se bat car il sait qu'il est dans le viseur. Afin de s'excuser et de s'expliquer auprès des Français, de toutes les classes politiques mais surtout auprès des socialistes, il a annulé plusieurs de ses déplacements. 

Un remaniement urgent ?

Manuel Valls n'envisage pas un remaniement du gouvernement dans l'immédiat. Il le programme vers le mois de juin, au moment du prochain congrès socialiste. Par ailleurs, ce remaniement est juste une «tambouille politico-politicienne» afin de simuler la réconciliation de la gauche. Manuel Valls et François Hollande divergent sur la méthode du remaniement et ne l’envisagent pas de la même façon.

Manuel Valls veut un remaniement par assimilation: les intégrants doivent s'adapter à ses conditions. Il veut un PS réformé grâce à une refonte profonde et à long terme. François Hollande, en revanche, veut un remaniement par intégration: les nouveaux venus doivent s’intégrer avec leur diversité. Il veut juste un recollage à court terme qui pourrait assurer sa réélection en 2017. C'est un tacticien.

Frondeurs, écolos et socialistes devront cohabiter

Un frondeur a confié: « C'est François Hollande qui vient vers nous et qui essaie de rallumer la flamme». En effet le président a déjà reçu à l’Elysée certains d’entre eux comme Martine Aubry, maire de Lille et Jean-Marc Ayrault, l'ancien Premier ministre. Il continue aussi de négocier avec les «écolos». Les noms évoqués pour ce remaniement sont éventuellement: Jean-Vincent Placé, François de Rugy et Barbara Pompili du côté des verts; Jean-Marc Germain du côté des frondeurs et enfin Henri Emmanuelli du côté du PS.

Manuel Valls suit les directives de François Hollande malgré lui

Un des membres de l'équipe gouvernementale nous a confiés: «La faute originelle de François Hollande est de ne pas avoir reformé le PS quand il était encore Premier Secrétaire. Il a donc perdu 10 ans. Pourtant il continue dans le même sens». Malgré tout, Manuel Valls ne peut faire autrement que de suivre François Hollande. Car c’est un homme loyal, voire loyaliste, voire un peu trop docile.