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Présidentielle: inquiets, les socialistes cherchent leur messie

François Hollande, le 15 septembre 2016.

François Hollande, le 15 septembre 2016. - Yoan Valat - Pool - AFP

Craignant des scores bas pour la présidentielle et des répercussions directes sur les législatives, certains députés socialistes élaborent des stratégies pour tenter d'amortir la chute.

Le destin des socialistes est-il scellé pour les prochaines échéances électorales? Jean-Christophe Cambadélis, interrogé ce lundi sur France Inter, semble s'en inquiéter: 

"Il y a un risque que nous soyons très bas aux élections présidentielles parce que nous n'avons pas surmonté nos propres difficultés à présenter un candidat de rassemblement", a-t-il reconnu, évoquant également un "risque qu'aux élections législatives le Front national soit beaucoup plus haut que les commentateurs et les analystes ne le disent aujourd'hui".

Alors que les sondages actuels prédisent l'élimination de la gauche dès le premier tour de la présidentielle du printemps et que le chef de l'Etat ne bénéficie que de 14% d'opinions favorables après la sidération provoquée par la publication de ses confidences dans un livre, les pontes du PS, tourmentés mais pas résignés, tentent de trouver une alternative à Hollande, toujours pas officiellement candidat à sa réélection, afin de construire plus sereinement l'avenir politique du parti. 

Valls, celui qui a "le plus de possibilités" 

Alors, le Premier ministre peut-il être un potentiel candidat à la présidentielle? A en croire le député PS Malek Boutih, oui. "La grande maladie de la gauche en ce moment c'est que tout le monde se prend pour le Messie et le Sauveur", a déploré le député de l'Essonne.

"Je suis obligé de faire un constat: Manuel Valls est le seul homme d'Etat potentiel chez nous, le seul en capacité", a-t-il déclaré. Selon lui, "il n'y a désormais plus de candidat naturel à gauche, et encore moins le président sortant". "La primaire, si le président sortant est candidat n'aura aucun sens", a-t-il insisté. 

Une solution également plébiscitée par le premier secrétaire du PS. "Il y a beaucoup de personnalités, pas énormément, mais il y a quatre ou cinq personnalités qui peuvent se présenter. La principale vous le savez bien, c'est Manuel Valls", a-t-il assuré à l'antenne, ce matin, précisant qu'"on n'en est pas là" parce que "pour l'instant on ne sait pas si le président de la République se représentera". "Il est Premier ministre et c'est l'un de nos présidentiables. C'est celui sûrement qui a aujourd'hui le plus de possibilités. Mais il y a d'autres candidats possibles", a-t-il ajouté.

Royal, le va-tout

Parmi eux, Ségolène Royal. Evoquée par les éminences du parti, notamment Jean-Christophe Cambadélis auprès du ségoléniste Patrick Mennucci, comme le rapporte le JDD, "Ségolène Royal est sans doute celle qui peut offrir au parti la porte de sortie la plus honorable".

Le Premier secrétaire du parti l'affirme: "Ce que nous devons faire pour que la social-démocratie survive aux législatives, c'est 18 % à la présidentielle. Pour cela, il faut une candidature centrale", raconte le journal. Et selon certains responsables, la ministre de l'Environnement possède tout ce qu'il faut: "C'est une femme; elle est spontanément écologiste au moment où les écolos se cassent la gueule; elle a déjà été candidate à la présidentielle; elle ne s'est pas compromise dans le débat sur la déchéance ni la loi El Khomri; elle n'est pas marquée du sceau du libéralisme; elle peut parler avec les frondeurs; c'est elle qui, à gauche, avait le mieux pressenti qu'il fallait incarner l'autorité et l'ordre", relaie l'hebdomadaire.

Et ils ne sont pas les seuls à y croire. Ses plus proches, dont Guillaume Garot, Patrick Mennucci, Victorin Lurel, Serge Letchimy, François Marc, qu'elle avait réunis autour d'un dîner bio le 14 juin dernier, raconte le JDD, se surprennent à repartir dans la course. Ce qui n'est pas du goût des proches de Manuel Valls qui y voit des manigances politiciennes du clan Hollande.

Des rumeurs qui amusent en tout cas beaucoup l'intéressée et qui n'hésite pas à remercier ceux qui l'y encouragent, même si "pour l'instant, c'est François Hollande qui est candidat", prévient-elle. Dans le JDD, la présidente de la COP21 semble mettre en doute la sincérité des hiérarques qui la poussent: "On cherche quelqu'un pour se sacrifier, il faut que la situation soit vraiment désespérée pour que ceux qui m'ont combattue me redécouvrent", plaisante-t-elle. "Si c'était gagnable, on ne viendrait pas me chercher", assure-t-elle.

Aurore Coulaud avec AFP