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Plan santé: le gouvernement va supprimer le concours de médecine

Assistants médicaux, hôpitaux de proximité, numerus clausus: Emmanuel Macron s'apprête à présenter ce mardi les grandes lignes de sa stratégie de transformation du système de santé.

Moins d'une semaine après son plan pauvreté, Emmanuel Macron poursuit sa rentrée sociale. Le chef de l'Etat est sur le point de dévoiler ce mardi son remède pour remettre sur pied le système de santé français et son homme malade, l'hôpital public.

Entre les urgences "engorgées", la psychiatrie "en crise" et les étudiants en médecine "qui souffrent", ces dernières semaines, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a multiplié les diagnostics alarmants et a d'ores et déjà donné le ton: ce ne sera "pas une énième réforme de l'hôpital", affirmait-elle en début d'année. Mardi en début d'après-midi, après le discours d'Emmanuel Macron, Agnès Buzyn détaillera la réforme baptisée "Ma santé 2022: un engagement collectif".

Suppression du numerus clausus

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, sera d'ailleurs présente à ses côtés, laissant augurer de nouvelles annonces sur les études de santé. Après la refonte des épreuves classantes pour les futurs internes en médecine, actée en juillet, le gouvernement s'attaque désormais à la première année des études de santé (Paces). Selon nos informations, le gouvernement annoncera la suppression du numerus clausus pour les étudiants en première année de médecine à partir de la rentrée 2020. 

Le Premier ministre Edouard Philippe avait déjà promis en février "une réflexion sans tabou" sur le "numerus clausus" fixant depuis un demi-siècle le quota d'étudiants admis en deuxième année de faculté de médecine.

Vers une réorganisation de l'hôpital public

L'exécutif se sait toutefois attendu sur l'hôpital. Emmanuel Macron a lui-même mis la barre très haut, se comparant presque à Charles de Gaulle.

"Le rendez-vous que nous avons aujourd'hui avec notre hôpital est aussi important que celui de 1958, quand on a créé l'hôpital public actuel", avait-il prévenu en avril.

  • Après le déficit historique de 890 millions d'euros enregistré l'an dernier par les seuls établissements publics, le mode de financement des hôpitaux va être revu pour favoriser la qualité des soins plutôt que leur quantité. De nouveaux critères se substitueront à la tarification à l'activité (T2A), accusée de pousser à la "course aux volumes" et d'encourager les actes "inutiles".

Pour certaines maladies chroniques comme le cancer et le diabète, des "parcours de soins" vont être définis, avec des rémunérations forfaitaires à partager entre établissements de santé et médecins libéraux. Selon nos informations, pour réduire les actes "inutiles", le gouvernement optera donc pour la fin du paiement à l'acte en vue d'un basculement progressif vers un forfait par pathologie.

Emergence d'hôpitaux de proximité 

La carte hospitalière sera également modifiée, avec la poursuite des regroupements entre établissements voisins. Comme prévu, aucun hôpital de proximité ne fermera mais ceux-ci seront réorganisés par pôles. Selon Les Echos, le président pourrait annoncer la création d'un réseau d'établissements hospitaliers de proximité, des centres de premiers recours, ouverts aux professionnels de santé de ville. 

Pourront y être pratiquées des opérations de jour, des radios, ou encore des prises de sang, en vue de rapprocher la médecine de ville et l'hôpital. Un système de garde sera mis en place en vue d'organiser des "urgences de ville" et de désengorger les urgences hospitalières. Les médecins libéraux seront donc mobilisés pour "éviter que tout le monde aille aux urgences".

"Nous avons de plus en plus d'endroits dans la République où il n'y a plus de gardes" médicales le soir et le week-end, observait-il au printemps.

Enfin, pour lutter contre les déserts médicaux, 400 médecins généralistes de ville, salariés de l'hôpital, seront envoyés dans des secteurs géographiques sous-dotés en praticiens.

Création de 4.000 postes d'assistants médicaux 

Un nouveau métier verra aussi le jour. Le gouvernement prévoit de créer 4.000 nouveaux postes d'assistants médicaux dans le but de soulager les médecins de ville de certaines tâches administratives. Il faudra compter sur un assistant pour trois médecins, à 50.000 euros par poste financés par l'Etat.

Psychiatrie, télémédecine 

Agnès Buzyn a par ailleurs indiqué que la réforme inclurait "évidemment des mesures pour la psychiatrie", qui "traverse une grosse crise".

Un autre "chantier" sera consacré au "virage numérique" du système de santé, doté d'une enveloppe de 5 milliards d'euros dans le cadre du Grand plan d'investissement dévoilé il y a près d'un an.

Plusieurs innovations vont changer la vie quotidienne des Français, comme la télémédecine, désormais remboursée par la Sécu, et le dossier médical partagé (DMP), qui permettra bientôt à chaque Français d'accéder à son carnet de santé en ligne.

  • Ce catalogue de promesses aura forcément un coût. Les dépenses de santé augmenteront d'environ 400 millions d'euros en 2019 pour financer ce plan santé, le gouvernement ayant décidé de relever l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam), qui sert à les ralentir, de 2,3% à 2,5%, a révélé ce lundi une source proche du dossier. En cumulé, c'est "1,6 milliard d'euros" qui sont "garantis" pour "accompagner la réforme" sur les quatre prochaines années, selon la même source.

Selon un sondage Elabe réalisé les 11 et 12 septembre derniers pour BFMTV, 72% des Français disent ne pas accorder leur confiance au chef de l'Etat pour améliorer le système de santé français.

Jeanne Bulant avec AFP