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Les collaborateurs de l’Elysée devront signer une charte de déontologie

L'Elysée a rendu publique une charte de déontologie à l'attention des collaborateurs du président de la République.

L'Elysée a rendu publique une charte de déontologie à l'attention des collaborateurs du président de la République. - AFP

Le texte, rédigé avec le concours de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, vise à encadrer les pratiques, jusqu’ici opaques, des conseillers du président de la République.

Avril 2014: Aquilino Morelle est contraint, avec fracas, de démissionner de son poste de conseiller en communication à l'Elysée. Le château engage alors une réflexion sur les moeurs de ses collaborateurs et élabore en décembre une charte de déontologie à l’attention des collaborateurs du président de la République, visant à "renforcer la confiance des citoyens dans l'action du Président de la République", révèle, ce lundi, le site de France Inter.

Ce texte avait été rédigé quatre mois après le départ de l’ancien conseiller politique, soupçonné de conflit d'intérêt (qui a été blanchi en début de mois, ndlr). Ses goûts luxueux avaient également été reprochés à Aquilino Morelle, qui avait fait privatiser un salon de l’hôtel Marigny pour faire cirer ses chaussures.

Zoom sur cette charte, qui vise à encadrer les pratiques, jusqu'ici opaques, des conseillers du président de la République.

> Transparence et sobriété

Les moyens mis à disposition des conseillers de l’Elysée seront "exclusivement réservés à l'accomplissement des tâches relatives à l'exercice de leurs fonctions".

A ce titre, la charte exige sobriété et transparence absolue. Les réceptions ne devront revêtir "en aucun cas un caractère ostentatoire", et les déplacements seront déclarés auprès du directeur de cabinet.

"Les conseillers ne peuvent utiliser ces ressources à des fins personnelles ou à des fins autres que les activités liées à l'exercice de leurs fonctions", stipule, s’il en était besoin, la charte de déontologie. Ils ne doivent accepter ni "cadeaux" ni "libéralités".

> Prévention des conflits d'intérêt

La charte impose également une série d’entretiens entre tout collaborateur du Président avec le secrétaire général de l’Elysée, pour faire connaître "tout intérêt particulier susceptible d'interférer avec leur action". En outre, les conseillers ne pourront accepter d’invitations "de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant et impartial [de leurs] fonctions".

Les collaborateurs du Président, précise encore le document, renonceront à exercer leurs fonctions sur "toutes les questions, sujets ou dossiers pour lesquels ils ont un intérêt personnel ou familial ou professionnel à l'affaire".

"Ils ne doivent pas solliciter ou recevoir quelque avantage pour eux-mêmes ou pour autrui en contrepartie de l'accomplissement ou de l'abstention de l'accomplissement d'un acte de leurs fonctions, ou pour abuser de leur influence pour peser sur la décision prise", est-il par ailleurs stipulé.

> "Discrétion" et "loyauté"

"Les collaborateurs du président de la République agissent loyalement dans le respect de la légalité, exige encore le document. Ils s'engagent à respecter les principes d'intégrité, de probité, d'indépendance et d'impartialité, du secret et de la discrétion professionnels".

Les conseillers du Président devront s’astreindre à un devoir de réserve des plus stricts, qui se "prolonge au-delà de l'exercice des fonctions". Ainsi devront-ils s’abstenir "de prendre des positions qui altéreraient l'exercice indépendant et impartial de leurs fonctions".

La Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), consultée par l’Elysée, a rendu un avis positif sur ce document que devra signer tout nouveau collaborateur du Président.

Caroline Piquet