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Le service militaire adapté importé en métropole, après avoir fait ses preuves outre-mer

François Hollande à Mayotte devant le bataillon du service militaire adapté (BSMA)

François Hollande à Mayotte devant le bataillon du service militaire adapté (BSMA) - Alain Jocard - AFP

François Hollande devrait dévoiler lundi l'expérimentation du service militaire adapté en métropole.  Le SMA, qui existe depuis plus de 50 ans en Outre-Mer, permet à des jeunes en difficulté de suivre une formation professionnelle encadrés par des militaires. 

Août 2014, François Hollande visite le bataillon de service militaire adapté (SMA) de Mayotte. Avril 2015, le président de la République devrait officialiser l'expérimentation en métropole de ce système qui n’existe qu’en Outre-Mer depuis 1961, sous l’impulsion de Michel Debré. Qu’est ce qui a pu séduire à ce point le chef de l’Etat dans ce système?

Avec 77,4% d’insertion professionnelle en 2014 pour les 5.666 jeunes sous contrat militaire après huit mois de formation, le SMA est une aide pour la jeunesse ultra marine en proie à des taux de chômage très élevés. Le dispositif est appliqué en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique, en Polynésie française, à Mayotte, à la Réunion et en Nouvelle Calédonie. Il propose des formations dans des domaines variés - de l’agriculture à l’hôtellerie en passant par les métiers du tertiaire - et en fonction des spécificités locales.

66% des stagiaires ne sont pas diplômés

Son modèle, c’est le "savoir-être, le savoir vivre ensemble et le savoir-faire. C’est le dépassement de soi et l’engagement", argumente le capitaine Frédéric Lardoux, interrogé par BFMTV.com. "C’est un système de formation basé sur le volontariat qui sert avant tout à remettre en confiance le jeune via une formation 100% intégrée dans un cadre militaire. S’engager c’est la première étape personnelle pour s’en sortir", dépeint-il.

Aujourd’hui, 66% des stagiaires, âgé de 18 à 26 ans, ne sont pas diplômés, dont 43% en situation d’illettrisme, en rejoignant le SMA et sont globalement en décrochage scolaire et dans des situations familiales complexes. Dès la sortie, 95% ont obtenu un certificat de formation générale, 84% un certificat d’aptitude professionnelle à l’insertion et 80% le permis de conduire. Vu son coût, ce dernier est tout sauf accessoire.

Surtout, le SMA "ne forme pas pour former car l’insertion et l’employabilité sont l’objectif de départ", martèle le capitaine Lardoux. En clair, l’expertise acquise par le programme, sa forte implantation locale et son réseau d’entreprises partenaires fait sa force.

"Les valeurs militaires plaisent aux entreprises"

Un exemple? Alors qu'à Mayotte, l'aquaculture est en expansion,"en Guyane se construit un centre hospitalier et les besoins dans le domaine du BTP seront importants dans les années à venir, explique le militaire. Ces entreprises savent que SMA forme des jeunes qui savent travailler, travailler en équipe et respecter des règles et la hiérarchie. Ils ont des valeurs militaires qui plaisent aux entreprises". On comprend ainsi ce qui a pu séduire François Hollande mis à mal par les chiffres du chômage, notamment chez les jeunes dont il a fait une cible en vue de la présidentielle de 2017.

Le sens SMA entreprise semble donc fonctionner à plein. Quant à l’orientation des jeunes en difficultés vers le SMA, il se fait par les agences Pôle emploi, les missions locales mais surtout, en Outre-Mer, " à plus de 60% par le bouche à oreille". Un déficit qui reste à combler en métropole où trois centres devraient être ouverts en fonction des besoins des territoires ou de partenariats majeurs noués. Mais pour le capitaine Lardoux un signal fort est envoyé: "C’est la reconnaissance du travail réalisé et des résultats obtenus. Et pour une fois, le processus se fait de l’Outre-Mer vers la métropole".