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Jacqueline Sauvage, graciée par François Hollande, pourra être libérée rapidement

L'Élysée a annoncé dimanche que François Hollande accordait la grâce présidentielle à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari violent. Elle peut désormais faire une demande de libération.

La mobilisation n'aura pas été vaine. Le président François Hollande a décidé d'accorder une "remise gracieuse" de peine à Jacqueline Sauvage, a annoncé l'Élysée dimanche. La sexagénaire avait été condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari en 2012, après des années de violence physiques et sexuelles sur elle et ses filles.

Ces dernières avaient alors adressé un recours en grâce à François Hollande, accompagné d'une pétition ayant recueilli plus de 150.000 signatures. Le président les avait reçues vendredi, promettant d'examiner leur demande, alors que les soutiens à la cause de Jacqueline Sauvage s'étaient réunis place de la République, à Paris.

"Il les avait écoutées longuement et avait décidé de se laisser le temps de la réflexion, en fait le week-end, a déclaré à l'AFP l'entourage de François Hollande. Il a consulté le garde des Sceaux (Jean-Jacques Urvoas) et a échangé avec le Premier ministre (Manuel Valls). Il a à nouveau reçu ce dimanche à 18H00 les avocates de Jacqueline Sauvage pour leur annoncer sa décision".

"Une situation humaine exceptionnelle"

La présidence a donc décidé d'accorder une remise de peine à la sexagénaire, "en application de l'article 17 de la Constitution et après avis du ministre de la justice", selon un communiqué de l'Élysée.

"Le Président de la République a voulu, face à une situation humaine exceptionnelle, rendre possible, dans les meilleurs délais, le retour de Mme Sauvage auprès de sa famille, dans le respect de l’autorité judiciaire", précise le communiqué.

L'article 17 de la Constitution autorise le président de la République à exercer le droit de grâce (uniquement à titre individuel depuis 2008). Mais l'entourage de M. Hollande avait rappelé récemment qu'il n'était, par principe, pas favorable à la grâce présidentielle.

La sexagénaire peut ainsi désormais "présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle", selon le communiqué de l'Élysée, qui précise que la remise de peine "de 2 ans et 4 mois" porte également sur "l'ensemble de la période de sûreté qu'il lui reste à accomplir".

Concrètement, cette grâce présidentielle partielle pourrait entraîner sa libération dès la mi-avril.

Ses filles "heureuses"

Selon ses avocates Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini, Jacqueline Sauvage pourra ainsi "être accessible à une libération conditionnelle dès la mi-avril 2016". Ses filles "sont heureuses", ont-elles rapporté ce dimanche soir sur le plateau de BFMTV.

L'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira s'est dite "heureuse" dimanche soir sur Twitter que "malgré tous les avis réservés, le président de la République ait fait droit à (ses) arguments". 

Ségolène Royal s'est félicitée sur France 5 de cette "bonne décision". "Cette femme a déjà fait trois ans de prison. C'est un calvaire, elle a déjà vécu toute sa vie un calvaire", a ajouté la ministre de l'Ecologie en évoquant "une vingtaine de femmes en prison pour les mêmes raisons". 

"Juste et humaine décision du président de la République. La conscience des violences faites aux femmes progresse. La mobilisation en témoigne", a tweeté Laurence Rossignol (Famille).

Le PS a salué une "décision d'humanité" tandis qu'Anne Hidalgo a "remercié sincèrement François Hollande pour cette décision qui l'honore".

"Décision humaine et sensible"

La décision de François Hollande a aussi été saluée dans l'opposition. "Enfin ! Sous la pression de l'opinion publique mobilisée, Hollande a cédé. Heureuse pour Jacqueline Sauvage et la cause des femmes", a également tweeté l'ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet (Les Républicains), qui avait rendu visite à la condamnée mardi dans sa prison de Saran (Loiret).

"Décision humaine et sensible", a salué la présidente du Conseil régional d'Ile-de-France, Valérie Pécresse (LR).

"1ère fois que je partage vraiment 1 décision du Pdt", a tweeté Jean-Christophe Lagarde (UDI).

Hélène Millard