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Hollande: "La France n'entend pas redevenir le gendarme de l'Afrique"

François Hollande lors de ses voeux aux ambassadeurs étrangers, vendredi.

François Hollande lors de ses voeux aux ambassadeurs étrangers, vendredi. - -

Le président de la République a dessiné, vendredi, les dossiers internationaux sur lesquels la France va continuer de s'impliquer cette année. Sur la Syrie notamment, il ne se résigne pas à "la perpétuation d'un régime dictatorial" et se montre confiant sur la situation de la Centrafrique et du Mali.

C'était sa première apparition publique depuis ses vœux à la presse mardi, le président de la République a présenté, vendredi matin, ses vœux au corps diplomatique, les ambassadeurs étrangers. Si sa situation personnelle n'a évidemment pas été abordée et n'a pas transpercé, le chef de l'Etat a dessiné la politique que mènera la France sur la scène internationale en 2014 et a dressé un bilan sur ses actions militaires.

> Au Mali, "le résultat est là"

Le dossier malien est le premier à avoir été abordé par le président. Un an après le début de l'intervention française au Mali, il dresse un bilan positif: "Le résultat est là et il doit démonter à la communauté internationale que nous pouvons agir et réussir. En un an les extrémistes djihadistes ont été battus, ils n'ont pas tous disparus mais ils ont été refoulés, repoussés. L'intégralité du territoire malien a été rétablie, des élections libres et transparentes ont été organisées. L'Etat malien avec son nouveau président Keita se reconstitue".

Il a également rappelé que les forces françaises se retireraient progressivement pour aboutir à "1.000 soldats français au printemps prochain".

> La France n'est "pas le gendarme" de l'Afrique

En 2013, la France s'est également engagée en Centrafrique. "Depuis un peu plus d'un mois que nous sommes en Centrafrique , [..] il n'y a pas eu l'arrêt de tous les conflits de tous les combats mais une forme d'apaisement", note François Hollande qui cite l'accès de l'aide humanitaire. Il attend désormais le soutien des autres pays européens "aussi bien sur l'aspect sécuritaire que sur l'aspect humanitaire" et l'opération de maintien de la paix de l'ONU "pour assurer la sécurité et la stabilité de la Centrafrique, et, demain, l'organisation d'élections libres et transparentes".

Mais "si la France est solidaire de l'Afrique et le sera toujours, elle n'en n'est pas le gendarme et elle n'entend pas le redevenir", a tenu à préciser François Hollande. "L'Afrique est un continent promis à un grand dynamisme et la France veut aussi y prendre sa part", a-t-il ajouté.

> Une "opportunité" au Proche-Orient

Concernant la reprises du dialogue israélo-palestinien, "il y a une opportunité, il y a une chance à saisir, j'ai confiance dans ceux qui sont engagés dans ces négociations", affirme le locataire de l'Elysée. "Nous en connaissons les paramètres c'est-à-dire deux Etats ayant tous les deux Jérusalem comme capitale", rappelle-t-il.

> Pour une transition politique en Syrie

"Je ne me résigne pas que le choix qui soit proposé au monde soit la perpétuation d'un régime dictatorial, celui de Bachar-el-Assad ou l'extrémisme des islamistes", expose François Hollande concernant le conflit syrien. "C'est la raison pour laquelle la France appuie de toutes ses forces les négociation en cours en vue de la conférence de Genève 2. Mais elle doit avoir un objectif: permettre la transition politique."

Karine Lambin