BFMTV

"Français de souche", Hollande balaie une polémique "inutile"

"Je me suis distingué de cette expression justement pour faire en sorte de bien comprendre à quoi on a affaire", a expliqué François Hollande.

"Je me suis distingué de cette expression justement pour faire en sorte de bien comprendre à quoi on a affaire", a expliqué François Hollande. - BFMTV

Interrogé sur son emploi de l'expression "Français de souche" lundi au dîner du Crif, François Hollande a indiqué mardi qu'il n'y avait "pas de doute à avoir" et qu'il s'était "distingué de cette expression".

"Pour ceux qui m'ont écouté hier soir il n'y avait pas de doute à avoir, je me suis distingué de cette expression justement pour faire en sorte de bien comprendre à quoi on a affaire." Alors qu'Aurélie Filippetti, l'ancienne ministre de la Culture, dénonce sur Twitter une "faute", François Hollande a justifié mardi son emploi de l'expression controversée "Français de souche".

"J'étais la semaine dernière dans ce cimetière dévasté par de jeunes lycéens, Français de souche comme on dit, ignorants au point de ne pas avoir vu les écritures en hébreu", avait affirmé le chef de l'Etat lors de son discours lundi soir.

"Je fais en sorte de rassembler les Français, de les réunir, qu'il n'y ait aucun doute sur notre volonté commune lutter ensemble contre le racisme et les discriminations", a insisté le Président mardi.

"C'est l'esprit du 11 janvier qui doit à chaque fois nous élever, au-delà de mots qui peuvent être utilisés et qui parfois, on l'a vu, peuvent créer d'inutiles polémiques", a ajouté François Hollande au cours d'une conférence de presse commune avec le président du conseil italien, Matteo Renzi.

"Mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde"

Née à l'extrême droite, l'expression "Français de souche" est défendue notamment par le polémiste Eric Zemmour ou l'essayiste Alain Finkielkraut. Son emploi par le Président a suscité une controverse.

Si Bruno Le Roux a indiqué mardi matin ne jamais utiliser ces mots, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale a expliqué sur BFMTV qu'il y avait "des guillemets que l'on ne voit pas dans un discours".

L'ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a jugé dans un tweet qu'il s'agissait d'une "faute". "Mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde", a-t-elle écrit citant Albert Camus.

"La faute c'est de donner à penser que FH (François Hollande, Ndlr) valide 'Français de souche' quand il l'utilise pour la retourner contre ses auteurs", lui a répondu le député socialiste Olivier Faure.

Marine Le Pen n'a "pas de passion pour cette expression"

Le secrétaire d’Etat chargé de la réforme territoriale, André Vallini, a également pris la défense de François Hollande et mis en garde contre "cette hystérisation dangereuse d’un débat malsain". 

"Je n'ai pas une passion pour cette expression", a réagi de son côté Marine Le Pen, qui l'utilise de de fait avec parcimonie, contrairement à certains de ses partisans au FN. L'une des dernières occurrences retrouvées par l'AFP était lors d'un débat sur France 2, début 2013. Marine Le Pen défendait la proposition phare du Front national, la "priorité nationale", en expliquant que c'était "un avantage donné en matière d'emploi ou de logement aux Français. Pas aux blancs, pas aux 'Français de souche' (mais) à ceux qui ont la nationalité française".

Karine Lambin