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Emmanuel Macron attendu à Saint-Martin, un an après l'ouragan Irma

Une photo prise à Nettle Bay, sur l'île de Saint-Martin, le 28 février 2018, montre des stigmates de l'ouragan Irma.

Une photo prise à Nettle Bay, sur l'île de Saint-Martin, le 28 février 2018, montre des stigmates de l'ouragan Irma. - Lionel Chamoiseau - AFP

Un peu plus d'an après l'ouragan dévastateur qui avait frappé l'île de Saint-Martin, Emmanuel Macron est attendu sur place, ce samedi.

Il avait promis à la population en souffrance qu'il reviendrait un an après: Emmanuel Macron est attendu ce samedi sur l'île de Saint-Martin, ravagée les 5 et 6 septembre 2017 par l'ouragan Irma, alors que la population cède à l'impatience et au découragement.

Impatience et découragement

D'une intensité sans précédent sur l'Atlantique, avec des vents de plus de 350 km/h, Irma avait fait 11 morts à Saint-Martin et endommagé 95% du bâti. Venu pour la première fois une semaine après la dévastation, alors que les secours étaient à pied d'oeuvre, le chef de l'État arrivera sur place en début d'après-midi ce samedi (20h heure de Paris). Il s'était engagé à revenir un an plus tard, "parce qu'il sait que (...) c'est la période de l'impatience et du découragement", a expliqué l'Élysée.

Dans le quartier de Concordia, Pascaline est en effet amère: "Nous on aurait aimé être plus soutenu (...). Ça fait quand même un an, rien n'a changé, mais par contre il y aura une superbe préfecture qui sera installée (Emmanuel Macron doit l'inaugurer samedi soir, ndlr), juste en face d'un collège qui n'est même pas bien structuré pour accueillir les enfants de Saint-Martin. Ce n'est pas normal!".

Les stigmates de l'ouragan encore visibles

Dans l'île où les maisons n'étaient pas toujours aux normes, les dégâts ont été très importants et les stigmates de l'ouragan sont encore présents, comme le prouvent les logements encore non reconstruits, et les toitures toujours bâchées. La reconstruction est en cours mais les retards sont importants, notamment pour les établissements scolaires et les résidences des bailleurs sociaux.

Françoise, commerçante à Marigot, regrette "une situation de laisser aller, d'inactions, de laxisme", et déplore de devoir attendre trois mois le permis pour construire. "Ok, c'est un délai classique, d'ordinaire, mais là, on ne peut pas interagir plus vite?". ".

Certains évoquent à demi mot, pour expliquer les retards, "une affaire de gros sous" entre les aides promises par l'État et la faible capacité financière de la Collectivité. "La Collectivité dit qu'elle n'a pas d'argent et l'État explique que ce n'est pas sa responsabilité", explique un professionnel de l'hôtellerie sous couvert d'anonymat.

"Nous avons tenu nos engagements"

L'État avait notamment débloqué des aides exceptionnelles de plusieurs dizaines de millions d'euros à la suite de l'ouragan. Un plan de chômage partiel spécifique a aussi permis de "conserver plus de 9.000 salariés dans l'emploi", pour un coût estimé à 75 millions d'euros d'ici fin 2018. 

"Nous, nous avons tenu nos engagements", a déclaré vendredi Emmanuel Macron à la télé Guadeloupe la 1ère. Mais il souligne le "choix" des Saint-Martinois "d'avoir une forme d'autonomie. (...) L'État ne se substitue pas aux collectivités" et "n'est pas responsable de tout". "Dès qu'il y a un problème, il ne faut pas que ceux qui ont les compétences se défilent", a-t-il dit. 

"Irma a été le révélateur de dysfonctionnements préexistants", estime le délégué interministériel à la reconstruction, Philippe Gustin. Il souligne notamment la situation souvent précaire de la population, la division du territoire entre les parties française et néerlandaise qui ne facilite pas l'application des règlementations, et l'absence de règles d'urbanisme avant l'ouragan.

Un coût de 3 milliards d'euros

Pour Saint-Martin et sa voisine Saint-Barth, le coût des dommages d'Irma a été estimé à trois milliards d'euros, dont près de deux pour les biens assurés. À l'heure actuelle, seulement 68% des dégâts assurés ont été indemnisés, soit 1,27 milliard d'euros. Des retards de paiement qui ont aussi ralenti la reconstruction, tout comme le difficile acheminement des matériaux et le manque de main d'oeuvre qualifiée, dans un secteur du BTP débordé. 

Dans la partie française qui comptait 35.000 habitants avant l'ouragan (on estime que plusieurs milliers sont partis depuis), Emmanuel Macron est notamment attendu à Quartier d'Orléans auprès de sinistrés.

A.S. avec AFP