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EDITO - Marathon pour Macron: "le risque est de donner l'impression que le débat est fermé"

Avec son échange de 7 heures auprès des maires ce mardi en Normandie, Emmanuel Macron a-t-il réussi le lancement de son grand débat national? Pour notre éditorialiste Bruno Jeudy, le chef de l'Etat a pris le risque de "donner une impression de fermeture du débat".

Emmanuel Macron a lancé le grand débat national par un échange-marathon avec 600 maires normands inquiets. À Grand Bourgtheroulde ce mardi après-midi, il a écouté les élus énumérer une longue liste des "doléances" de leurs administrés pendant près de 7 heures, au cours desquelles il a longuement pris la parole. L'enjeu est crucial pour Emmanuel Macron, qui compte relancer son quinquennat et reprendre l'initiative après deux mois de crise des gilets jaunes. Il aura fort à faire pour convaincre des Français très méfiants envers ce débat. Selon un sondage Elabe pour BFMTV mardi, 40% d'entre eux ont l'intention d'y participer mais seuls 34% pensent qu'il permettra une sortie de crise.

Pour notre éditorialiste politique Bruno Jeudy et le président de l'Institut de sondage Elabe Bernard Sananès, Emmanuel Macron a souhaité répondre aux questions des maires "dans la longueur" de manière à montrer que ce débat allait être utile. Cependant en répondant à tant de questions d'emblée, il a pris le risque de "fermer le débat sur lui-même" dès son ouverture.

Bruno Jeudy: "Macron a balayé tous les sujets"

"Le risque pour lui, en parlant 7 heures, c'est de donner l'impression qu'il n'y a plus rien à dire et que le débat est déjà terminé. Mais à balayer tous les sujets comme il l'a fait, le risque était de donner une certaine impression de fermeture. Ce qu'il a réussi à faire ce soir, c'est mettre un pied dans le grand débat. L'enjeu pour Emmanuel Macron, c'était de montrer que le débat s'engageait, d'autant qu'il s'agissait de sa première sortie en province de l'année en pleine crise des gilets jaunes. Cette première rencontre avait valeur d'exemple pour la suite du débat" a ajouté l'éditorialiste sur notre antenne".

Bernard Sananès: "Redevenir audible pour les Français"

"L'enjeu était de montrer que ce débat n'était pas un artifice et qu'il allait permettre d'apporter des réponses. C'était une manière pour lui de dire à ses opposants 'vous voyez, le débat est très ouvert, toutes les formations politiques peuvent y participer'. Vis-à-vis de l'opinion, l'enjeu était de redevenir audible. Emmanuel Macron n'affronte pas seulement les gilets jaunes, mais les 70% des Français qui ne lui font pas confiance (...) il essaie là de reprendre la main, de montrer que ce débat peut changer quelque chose et ainsi de lancer un acte 2 de son mandat".

Jeanne Bulant