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Arlette Chabot raconte sa "question qui tue" à Chirac en 1995

En 1995, en pleine campagne présidentielle, la journaliste ose demander à Jacques Chirac s'il compte renoncer à sa candidature. Une question qui crée le malaise en direct et aussi une grande incompréhension entre la journaliste et le futur chef de l'Etat.

Arlette Chabot - : Quoiqu’il arrive, vous irez jusqu’au bout de cette campagne présidentielle Monsieur Chirac ? Vous n’avez pas l’intention de renoncer ? Jacques Chirac - : Vous parlez sérieusement ou vous faites de l’humour (…) Ecoutez Arlette Chabot, soyons sérieux.

Ce dialogue entre la journaliste et le candidat à la présidentielle de 1995 est resté culte, faisant le bonheur des bêtisiers, tant le malaise d'Arlette Chabot est palpable durant les longues secondes où elle attend que le générique de fin se lance et mette fin à cette séquence visiblement gênante. Pourtant, la question est alors d'actualité, la presse annonçant Edouard Balladur comme gagnant désigné de la future élection.

"On arrive à la fin de l’émission et je me dis que ce n’est pas possible de conclure, on était sur les pommes, le petit pommier de la couverture du livre, tout viennent ces pommes Monsieur Chirac… et je me dis qu’il faut absolument poser ‘la’ question. Et avant de terminer, paf, je pose ma question (...) J’avais pensé à la formuler de façon un petit peu plus subtil peut-être mais comme je n’étais pas arrivé à placer cette question, je l’ai sortie comme ça à la fin de l’émission" confie aujourd'hui Arlette Chabot invitée de Retour vers le passé sur BFMTV.

"Tu sais Jacques, cette question est un piège"

Pourtant, un malaise va s'installer les jours suivants, après une étonnante confidence d'un proche de Jacques Chirac qui raconte que la question était en réalité un piège orchestré par son concurrent, Edouard Balladur. "Moi j’ignore totalement ce qui se passe, c’est que dans un deuxième temps, ‘quelqu’un’ va le voir et lui dit ‘Tu sais Jacques, cette question est un piège. Elle ne t’était pas posée comme ça normalement par une journaliste, tu as remarqué son oreillette, donc on lui a soufflé la question et devine qui lui a soufflé la question en régie, Nicolas Sarkozy aurait téléphoné à Jean-Pierre Elkabbach pour qu’on me demande de poser la question qui tue’. Hé bien non !" raconte aujourd'hui la journaliste politique.

Suit alors une longue brouille entre elle et Chirac, un incident dont elle ne lui parlera jamais : "J’en ai parlé, mais il y avait prescription, dix ans plus tard à Claude Chirac en lui disant : ‘Je te demande une chose, tu peux trouver que la question était maladroite, que mon tailleur était ridicule, que j’étais super mal coiffée, mais je te demande de croire une chose : jamais on ne m’a demandé de poser cette question’. J’espère que quelqu’un l’a dit un jour à Chirac que je n’avais pas été mauvaise journaliste, manipulée et que je n’avais pas été soumise à une pression parce que ce n’était pas le cas".

dossier :

Jacques Chirac

https://twitter.com/julienmielcarek Julien Mielcarek Directeur adjoint de la rédaction BFMTV