BFMTV

Aquilino Morelle: "J’étais un empêcheur de hollandiser en rond"

Aquilino Morelle, en février 2013.

Aquilino Morelle, en février 2013. - Jacques Demarthon - AFP

En attendant le livre qui fait "trembler François Hollande", l'ex-plume du chef de l'Etat et proche d'Arnaud Montebourg tient à faire savoir onze mois après sa démission qu'il a été blanchi des soupçons de prise illégale d’intérêts qui pesaient sur lui.

La chute fut brutale et onze mois après sa démission du poste de conseiller de François Hollande, la blessure reste vive. Aquilino Morelle, renvoyé de l'Elysée pour ses liens supposés avec des laboratoires pharmaceutiques, règle ses comptes. D’autant plus qu’il vient d’être blanchi des soupçons de prise illégale d’intérêts.

Mais pour ce proche d’Arnaud Montebourg, rallié au futur chef de l’Etat après la primaire fin 2011, il est évident qu’il a été victime d’une "élimination politique, juge-t-il dans les colonnes du Parisien lundi (…) D’une calomnie destinée à (le) faire contraindre à quitter (ses) fonctions".

"Empêcheur de 'hollandiser en rond'"

"Je représentais une ligne politique qui n’était pas la leur (notamment le "tournant social-libéral")", assure l’ex-plume qui avait aussi travaillé avec Lionel Jospin à Matignon entre 1997 et 2002. Celle d’Arnaud Montebourg avec lequel il partage "analyses et convictions. (…) J’étais pour eux un empêcheur de ‘hollandiser en rond’".

Là où l’équipe qui entoure le chef de l’Etat ne serait pas à la hauteur: "Ce n’est pas faire injure à cette équipe que de souligner son absence de consistance politique. (…) Elle est comme une cire que le président peut modeler à sa guise." 

La comparaison ne manque pas de sel puisqu'en ce mois d’avril 2014, Aquilino Morelle est aussi dans la tourmente pour avoir, rapportait Mediapart, fait cirer ses chaussures de luxe dans les locaux de l'Elysée. 

"J’ai commis une erreur, en effet, et je le regrette. Une seule fois, pour des raisons qui tiennent au rythme de travail et à l’enfermement à l’Elysée, j’ai fait venir et payé quelqu’un pour entretenir mes chaussures dans une annexe de l’Elysée", admet-il aujourd'hui.

Accusations floues et livre à venir

Une bêtise tout au plus pour cet homme qui se revendique à la gauche de gauche et qui raconte qu’au moment de la fermeture de Florange, il se trouvait de plus en plus en "porte-à-faux avec (ses) convictions".

"On a voulu me faire passer pour un satrape, c’est scandaleux! Par ailleurs, ce pouvoir a connu des dérives de comportement bien plus graves que cet épisode." 

Des accusations floues et sans détails dans la bouche d’un homme qui compte continuer la politique "avec tous ceux qui croient que la gauche à un avenir ". En attendant peut-être son livre prévu chez Grasset, pour lequel il a déjà touché 70.000 euros et qui, assurait-il en décembre, "fait trembler" François Hollande.

S.A.