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Aquarius: Macron a eu une "conversation cordiale" avec le chef du gouvernement italien

Emmanuel Macron s'est entretenu avec Giuseppe Conte par téléphone.

Emmanuel Macron s'est entretenu avec Giuseppe Conte par téléphone. - REGIS DUVIGNAU / POOL / AFP

Alors que la France et l'Italie sont en pleine crise diplomatique, Emmanuel Macron a téléphoné à Giuseppe Conte dans la nuit.

La tension peine à redescendre entre la France et l'Italie, en pleine crise diplomatique autour du sort de l'Aquarius. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Emmanuel Macron a eu une "conversation cordiale" avec Giuseppe Conte, a indiqué la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau. L'Elysée a confirmé ce jeudi que le chef du gouvernement italien serait bien présent à Paris vendredi.

"Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont eu cette nuit une conversation cordiale au téléphone", a déclaré jeudi matin la ministre sur Europe 1.

"Nous souhaitons que Giuseppe Conte vienne", a-t-elle ajouté à propos de la visite du chef du gouvernement italien à Paris, que Rome menaçait d'annuler si la France ne présentait pas ses excuses après des propos d'Emmanuel Macron Macron jugés "inadmissibles" selon Rome.

"Personne ne donne de leçons à personne"

Le président français a dénoncé mardi "la part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien" après son refus d'accueillir le navire Aquarius et ses 629 migrants.

"On a besoin de se parler avec l'Italie, c'est un grand partenaire, c'est un grand voisin. Le président et Giuseppe Conte sont vus brièvement lors du G7 au Canada, ce serait intéressant, utile qu'ils se voient plus longuement", a jugé Nathalie Loiseau. "Personne ne donne de leçons à personne", a-t-elle assuré, interrogée sur les propos d'Emmanuel Macron. "Il y a aussi les propos italiens sur la France qui sont regrettables", a-t-elle nuancé.

Di Maio attend toujours des excuses

"Sortons de ces polémiques", a ajouté la ministre. "La France est le pays qui a connu l'année dernière un nombre record de demandeurs d'asile, c'est le deuxième pays dans l'Union européenne en accueil de demandeurs d'asile et notamment en relocalisations depuis la Grèce et l'Italie."

"Nous faisons beaucoup mais c'est vrai: l'Europe doit faire plus et doit faire mieux pour aider l'Italie", a-t-elle conclu.

Malgré cet appel téléphonique, le ministre du Travail italien Luigi Di Maio, deuxième homme fort de la coalition au pouvoir en Italie avec Matteo Salvini, a fait savoir ce jeudi que le pays ne "reculerait pas" tant que le président français n'aurait pas présenté ses excuses, comme le rapporte l'agence de presse Ansa. 

Charlie Vandekerkhove avec AFP