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Régionales: Jean-Yves Le Drian tête de liste en Bretagne

Vendredi en milieu d'après-midi, le ministre de la Défense a choisi la ville de Guidel pour mettre un terme aux attentes: il sera bien le chef de file du PS aux régionales de décembre.

La campagne va enfin pouvoir commencer en Bretagne. Jean-Yves Le Drian conduira bien la liste des socialistes aux régionales de décembre prochain. Vendredi en milieu d'après-midi, le ministre de la Défense a choisi la ville de Guidel pour mettre un terme à ce qui est devenu ces derniers jours un secret de polichinelle, et confirmer sa candidature à la présidence de la région Bretagne.

Même ses adversaires -Le Républicain Marc Le Fur, le Frontiste Gilles Pennelle ou le "bonnet rouge" Christian Troadec notamment- commençaient à trouver le temps long. Mais voilà à 68 ans et malgré un statut de "star" du gouvernement, Jean-Yves Le Drian a tenu la promesse faite en 2012. "Je reviendrai" à l'hôtel de région de Rennes, avait-il assuré après l'avoir dirigé de 2004 à 2012. En réalité, il n'a jamais vraiment relâché l'étreinte, laissant des proches aux postes clés. Sans minimiser son amour pour la Bretagne, Jean-Yves Le Drian possède surtout l'avantage de pouvoir emporter le 13 décembre l'une des rares régions conservées par la gauche.

"C'est un homme sécurisant, loyal au président"

Avant cela, ce (très) proche de François Hollande restera en poste à la Défense. Si la négociation a pu être serré parfois, et alors que les critiques sur sa double-casquette ne manqueront pas d'animer la campagne locale et nationale, les interventions militaires au sol en cours comme son bilan économique (vente de Rafales) plaide pour qu'il reste le plus longtemps possible à l'hôtel de Brienne. Même au sein de l'opposition il est bien difficile de lui trouver un détracteur. 

"C'est un homme sécurisant, loyal au président. Ce n'est pas un homme d'esbroufe", résume Bernard Poignant, un autre proche du chef de l'Etat, qui connaît depuis 50 ans ce Breton passionné de football et de cyclisme.

Le flou de l'après second tour

"La Défense c'est une de ses passions depuis toujours", souligne un proche. Et d'ajouter que la Bretagne en est une autre. "Il est profondément Breton, attaché à sa terre, à ses compatriotes bretons". Mais pour la suite, Manuel Valls s'est montré très clair sur BFMTV jeudi: "On ne peut pas être ministre et président de région."

Reste que si son départ n'est pas acté, c'est que l'agenda des armées pourraient le contraindre à repousser sa prise de fonction régionale. Au lendemain du second tour, "le président et le Premier ministre auront sur leur clavier le résultat des élections, l'ambiance politique générale, le contexte géopolitique international et éventuellement national" avec le risque permanent d'attentat, martèlent ses proches.

Un flou qui offre l'avantage de ne pas insulter de l'avenir. Et pour le moment celui de Jean-Yves Le Drian passe pour quelques semaines encore entre les pays du Golfe et ... celui du Morbihan.

S.A.