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Les missions qui attendent les nouveaux présidents de région

Siège du Conseil régional Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine à Strasbourg.

Siège du Conseil régional Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine à Strasbourg. - Patrick Hertzog - AFP

Trouver un nom aux nouvelles régions, éviter les doublons, donner de la cohérence et adopter un budget. Voici les missions qui attendent les présidents des nouvelles grandes régions françaises.

Trois présidents de gauche, trois de droite et un centriste seront élus dans la journée de lundi à la tête des nouveaux exécutifs des sept nouvelles grandes régions françaises, pour compléter les exécutifs issus des élections régionales de décembre.

Au total, la France compte désormais 13 régions en métropole et quatre régions et territoires outremer, avec la naissance officielle des sept grandes régions le 1er janvier.

Certaines nouvelles régions voient leur population doubler, avec 7,5 millions d'habitants pour Rhône-Alpes-Auvergne et une moyenne de 4 à 5 millions pour les autres. Leurs moyens d'action restent en revanche limités. Le budget global de l'ensemble des régions françaises, d'environ 25 milliards d'euros, dépasse juste celui de la Catalogne.

Première tâche: trouver un nom

L'une des premières tâches des présidents élus lundi sera de trouver un nom pour leurs nouveaux fiefs. Chaque conseil régional doit en effet adopter avant le 1er juillet une résolution, qui sera soumise au gouvernement, sur leur nom définitif et l'emplacement des nouveaux hôtels de régions.

Ces régions modifiées, dont la population a considérablement augmenté mais dont le budget reste limité, doivent désormais s’accorder sur un nom. Chaque conseil régional doit en effet adopter avant la fin de juillet une résolution, qui sera soumise au gouvernement, sur leur nom définitif et l’emplacement des nouveaux hôtels de régions. Ceux-ci seront ensuite confirmés par un décret avant le 1er octobre 2016 par le Conseil d’Etat.

Eviter les doublons

Selon le gouvernement, sur les quelque 80.000 fonctionnaires qui travaillent dans les régions, 2.000 vont être impactés par la réforme territoriale dans les trois ans à venir et 500 d'entre eux vont être contraints de déménager, tandis que 1.500 devront changer de métier. Un sujet brûlant en perspective pour les nouveaux élus. Les syndicats sont déjà sur le qui-vive.

Donner de la cohérence

A la tête de territoires considérablement étendus, les nouveaux présidents de régions disposeront de compétences accrues, notamment dans le domaine économique, mais aussi les transports ou le tourisme. La sécurité n’est en revanche pas de leur ressort, mais de celui de l’Etat et des municipalités.

Les patrons de région devront ensuite donner une cohérence à ces nouveaux ensembles territoriaux, parfois disparates, dont l’adoption au forceps fin 2014 a donné lieu à de vives discussions au Parlement. La région Grand est, qui a suscité le plus de contestations, s’étend ainsi du Rhin à l’Ile-de-France, et Auvergne-Rhône-Alpes du massif alpin au centre. Avec des distances de plusieurs centaines de kilomètres d’une extrémité à l’autre qui peuvent nuire au lien de proximité entre les services de l’Etat, l’administration régionale et la population.

Le casse-tête du budget

De toutes les collectivités, les régions sont les plus dépendantes des dotations de l’État, qui représentent 40% de leur budget. Or celles-ci ont fondu de manière considérable, ce qui devrait donner des cheveux blancs aux nouveaux exécutifs régionaux.

Le reste des ressources venant en majorité des impôts locaux, une solution serait de les augmenter afin de boucler le budget. Problème: la plupart des candidats ont au contraire promis de les baisser.

K. L. avec AFP