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Comment serait gérée une région FN?

Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen sont en position de gagner la présidence d'une région le 13 décembre prochain

Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen sont en position de gagner la présidence d'une région le 13 décembre prochain - Anne-Christine Poujoulat - AFP

La gestion hypothétique d'une région par le FN est attaquée dans la presse et par le patron du Medef qui taille en pièces le programme économique du parti. Mais quelles seraient les grandes actions économiques du Front national au niveau local?  Eléments de réponse. 

Alors que le FN, Marine Le Pen en tête, insiste sur la sécurité (qui n’est pas une compétence des régions) et l'immigration à quelques jours du premier tour des régionales, le débat a été déplacé sur son programme économique après les deux unes du quotidien La Voix du Nord et les critiques du patron du Medef Pierre Gattaz ce mardi. Les propositions frontistes, que sa présidente vante sans les détailler, sont "l'inverse de ce qu'il faut faire pour relancer la croissance économique du pays," selon le patron des patrons. Si Marine Le Pen venait à diriger le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et si sa nièce, la députée Marion Maréchal-Le Pen siégeait dans le fauteuil de présidente de la région Provence-Alpes-Cotes d'Azur (Paca) quelle serait leur ligne économique? Revue de détails. 

> Augmentation du Smic et retour au franc

Pour l'heure les grandes lignes évoquées durant la campagne sont surtout tirées du programme économique national du Front national prévu pour 2012. On trouve par exemple le retour à quarante annuités pour la retraite, l'augmentation de tous les salaires avec notamment une hausse du Smic de 200 euros, le retour au franc ou encore l'augmentation des taxes d'importation. Le grand principe qui régit ces propositions est le "patriotisme économique", à savoir la "préférence nationale" - ou régionale - appliquée à l'économie.

> Réduire les impôts dans le Nord

Mais dans le débat régional, c'est la question de l'impôt qui occupe une place centrale. Notamment dans le Nord où Marine Le Pen, sur la même ligne que Florian Philippot en Alsace-Champagne-Ardenne, propose la réduction du nombre des fonctionnaires et la baisse de la "pression fiscale" attribuée au gouvernement comme à la majorité régionale sortante.

Elle promet qu'"à la fin du mandat, la région Nord–Pas-de-Calais–Picardie sera l’une des régions les moins imposées de France". Ses déclarations contre La Voix du Nord montrent aussi qu'elle entend remettre à plat les subventions actuellement distribuées. Cette gestion à la carte - et très politisée - avait été dénoncée dans les mairies FN de 1995

> Aider les TPE-PME en Paca

Marion Maréchal-Le Pen, qui défend une ligne plus libérale que sa tante, insiste, elle, sur le fait qu'"il n’y aura pas de purge de principe" dans les dotations régionales. Mais ses "priorités" sont d'appuyer les "petites et moyennes entreprises, la "réindustrialisation" et le "patriotisme économique régional". Ses listes comptent "40 patrons sur 130 candidats", souligne l'un de ses proches dans les colonnes du Parisien mardi. Car il s'agit bien là d'une cible du FN puisque les artisans et les patrons de TPE sont nombreux (environ 12%) à être candidat sur les listes frontistes, selon une enquête du Cevipof.

Si la députée Marion Maréchal-Le Pen entend baisser les charges de fonctionnement, en créant un Fonds régional du partenariat des entreprises, doté de 100 millions d'euros annuels, elle vise notamment à les "aider à faire leurs démarches administratives ou à monter des dossiers de prêts", rapporte La Provence.

> Le "patriotisme économique" en Midi-Pyrénées

En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Louis Aliot défend lui les entreprises du BTP par "le protectionnisme dans le bâtiment". "Dans des bassins d’emplois en difficulté, on doit donner la priorité aux entreprises locales ou à défaut nationales" puisque le "traitement local du chômage est directement payé par le contribuable". 

Au total, les propositions du FN "sont loin des réalités opérationnelles", juge sur BFMTV le membre de la direction du Medef Thibault Lanxade. "C'est un programme qui se recentre sur lui-même" que le patriotisme économique soit national ou régional. Le programme "d'une France qui a peur".

S.A.