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Laurent Wauquiez amorce son retour

Laurent Wauquiez, réélu président de la région Auvergne-Rhône-Alpes au 2e tour des régionales, le 27 juin 2021 à Lyon

Laurent Wauquiez, réélu président de la région Auvergne-Rhône-Alpes au 2e tour des régionales, le 27 juin 2021 à Lyon - JEFF PACHOUD © 2019 AFP

Le président d'Auvergne-Rhône-Alpes a participé mardi à une réunion rassemblant des candidats putatifs de la droite à la prochaine présidentielle.

Les actes en disent parfois plus longs que les paroles. Si Laurent Wauquiez n'a pas encore officialisé ses intentions quant à la présidentielle de 2022, le président fraîchement réélu de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA) a pris part mardi après-midi à une réunion à Paris de candidats potentiels de la droite à la présidentielle, aux côtés de l'ex-Les Républicains (LR) Valérie Pécresse, du patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, de l'ancien négociateur de l'UE pour le Brexit Michel Barnier et de l'urgentiste et maire de La Garenne-Colombe Philippe Juvin.

Le patron des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, d'ores et déjà candidat mais qui refuse net de participer à une éventuelle primaire, manquait à l'appel. Mais il devait voir Christian Jacob ce mercredi au Sénat.

Divergences de vue autour d'une primaire

Mardi, le principe d'une "candidature unique" en 2022 a été acté. Une rencontre sous le patronage du dirigeant LR Christian Jacob et du président du Sénat Gérard Larcher, ainsi que celui du maire d'Antibes Jean Leonetti, chargé début juillet par Christian Jacob de mettre en place "un processus de rassemblement". Car pour l'heure, la direction LR se montre frileuse vis-à-vis d'une primaire pour désigner son ou sa championne.

"Il ne peut pas y avoir deux candidats de la droite et du centre", avait mis en garde Christian Jacob à l'issue d'un bureau politique le 6 juillet, souhaitant qu'ils "se mettent d'accord".

Un voeu pieu? La veille, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau et Valérie Pécresse prenaient les devants dans une tribune parue au Figaro et appelaient à une primaire de la droite et du centre car "l'homme ou la femme providentiel que certains espéraient ne s'est pas imposé".

Le parti s'est fixé le 25 septembre comme date butoir pour trouver un terrain d'entente.

Les régionales comme tremplin

Si Laurent Wauquiez n'est à ce stade pas candidat à l'Elysée, il fait indéniablement à nouveau parler de lui hors des limites de sa région. Sa confortable réélection à la tête d'AURA avec 55,2% des voix au terme d'une triangulaire, où les bastions de gauche qu'étaient l'Ardèche et le Puy-de-Dôme ont basculé à droite, signe paradoxalement son retour sur la scène politique nationale.

On disait pourtant le quadragénaire échaudé par le sévère camouflet des régionales en 2019. Alors président de LR depuis 2017, Laurent Wauquiez avait démissionné après le scrutin, au terme duquel le parti de la rue de Vaugirard n'avait récolté que 8,48% des voix et envoyé seulement huit élus à Strasbourg.

"Les victoires sont collectives, les défaites sont solitaires. Il faut que je prenne mes responsabilités. Je vais prendre du recul. Je me retire de mes fonctions de président des Républicains", s'était résolu l'ancien maire du Puy-en-Velay sur TF1.

Quelques jours après, il annonçait la couleur: "Je veux mettre toute mon énergie pour la région." Une orientation qui a fait long feu? Ces derniers mois, plusieurs articles racontaient les allées et venues de plus en plus courantes à Paris, qui s'étaient rarifiées depuis l'amorce de sa diète médiatique.

"Il veut peser, c'est sûr"

Laurent Wauquiez avance pour l'heure à petits pas, mais s'active en coulisses. Ce mercredi midi, il réunit à Paris des parlementaires de sa région pour évoquer les "grands dossiers régionaux", selon nos informations.

Se lancera-t-il dans la course? "Je pense qu'il en a très envie, après je pense qu'il est loin de faire l'adhésion", confie une députée LR à BFMTV.com, qui garde en mémoire le "dernier résultat aux européennes, où on a fait 8,5%, notre pire score".

"Il a fait des belles réalisations et un très beau score dans sa région d'Auvergne-Rhône-Alpes, après j'entends toujours des choses sur son côté clivant", pointe cette même élue. "En tout cas, il veut peser, c'est sûr", croit-elle savoir.

En mai, interrogé par Le Parisien sur ses velléités présidentielles, Laurent Wauquiez répondait qu'il se poserait la question "à l'été". Dans le texte cosigné avec Valérie Pécresse en faveur d'une primaire, il était posé comme condition à la réussite de ce processus que les candidats devraient "dévoiler leur intention d'ici la rentrée".

A l'automne dernier, son homologue auvergnat Brice Hortefeux se disait "sûr que son retrait d'aujourd'hui permettra(it) son rebond de demain".

Pour l'heure, à près d'un an de la présidentielle, Laurent Wauquiez est crédité de 13% d'intentions de vote au premier tour, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Le Figaro et LCI paru le 4 juillet, contre 18% pour Xavier Bertrand et 14% pour Valérie Pécresse, derrière Emmanuel Macron (24%) et Marine Le Pen (26%).

Clarisse Martin Journaliste BFMTV