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Municipales: quels ministres sont candidats?

Chaque ministre se place là où il peut, selon ses réseaux et sa stratégie.

Chaque ministre se place là où il peut, selon ses réseaux et sa stratégie. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Manuel Valls, Cécile Duflot, Pierre Moscovici... Près de la moitié du gouvernement est présente sur les listes des élections municipales. Tour d'horizon de ces visages familiers, que vous pourriez retrouver près de chez vous.

Rien de tel qu’un ancrage local pour accroître sa légitimité. Mais non-cumul oblige, les 17 ministres désirant se présenter aux élections municipales sont obligés de ne pas se présenter comme tête de liste. Mais certains résistent. Peu à peu, chacun se place là où il peut, selon ses réseaux et sa stratégie.

> "C'est chez moi", mais...

Certains ministres, avant d’entrer au gouvernement, avaient déjà un mandat local – et comptent bien le conserver. C’est le cas de Manuel Valls, maire d’Evry dans l’Essonne jusqu’à son entrée au gouvernement, et désormais numéro trois sur la liste PS du maire sortant. C’est aussi le cas de Pierre Moscovici, conseiller municipal à Valentigney dans le pays de Montbéliard, ou encore de Michèle Delaunay, qui avait battu Alain Juppé aux législatives de Bordeaux, et sera numéro 2 de la liste PS face à son ancien rival.

Même chose pour la ministre des Sports Valérie Fourneyron, qui a abandonné la mairie de Rouen peu après sa nomination au gouvernement: elle est désormais deuxième de la liste PS menée par Yvon Robert. Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, est également deuxième sur la liste socialiste de Metz, Michel Sapin, ministre du Travail et député-maire d'Argenton-sur-Creuse, se présente à la troisième place dans sa ville, et Laurent Fabius est 11e sur la liste PS de Marc massion à Grand-Quevilly, en Seine-Maritime.

Guillaume Garot, ministre Délégué à l’agroalimentaire, a choisi Laval: "c’est chez moi", résume-t-il simplement pour justifier sa décision. Mais il ne sera pas tête de liste: il figurera en troisième position. Stéphane Le Foll, conseiller municipal au Mans depuis 2001, se présente à nouveau. François Lamy, ministre de la Ville, anciennement maire de Palaiseau, figurera en 2e position sur la liste de Claire Robillard, et Benoît Hamon en 5e position à Trappes. Tous justifient leur implication par le besoin d’un ancrage local.

> Les ministres têtes de liste

Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées, est tête de liste PS dans les 4e et 5e arrondissements de Marseille, où elle s'était déjà présentée à la primaire. Un sondage la donnait gagnante au début du mois de février.

Dernier en date à s'être décidé: le ministre des Transports Frédéric Cuvillier est tête de liste PS à Boulogne-sur-mer. Mais il refuse de choisir entre les deux: "Je suis clair avec les Boulonnais sur comment, dans la stabilité, dans la responsabilité, les missions sont exercées par les uns et par les autres", explique le ministre, qui se dit par ailleurs "à la disposition du président de la République et du Premier ministre pour suivre la tâche qu'ils m'ont confiée".

Si leur liste est majoritaire, les deux ministres devront pourtant choisir. La charte de déontologie qu'ils ont en effet signée lors du premier conseil des ministres prévoit l'incompatibilité entre la fonction de ministre et le mandat de maire.

> Les candidatures symboliques: "Je soutiens un candidat"

Pour d’autres, ces élections municipales servent surtout à soutenir un candidat. Ainsi, Cécile Duflot et le ministre du Développement, Pascal Canfin, s'engagent aux côtés du candidat EELV à la mairie de Paris, Christophe Najdovski.

Une présence très symbolique, puisque les deux ministres ne figurent qu’en dernière position - non éligible - sur les listes: Cécile Duflot dans le 11e arrondissement, et Pascal Canfin dans le 12e. Mais cette dernière place leur permet de soutenir directement Christophe Nadjovski, via des réunions publiques et des sorties sur le terrain.

Autre présence plutôt symbolique, celle de Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie, qui est présente au 4e rang (éligible) sur la liste d'Anne Hidalgo dans le 10e arrondissement - elle est actuellement conseillère municipale dans le 20e.

> Des règles strictes

Mais attention, la campagne ne doit pas être un enchaînement de déplacement: Jean-Marc Ayrault a prévenu les ministres qu’ils sont tenus de distinguer clairement, très précisément lorsqu'ils font un déplacement mixte, la partie officielle et la partie militante". Il ne peut y avoir utilisation de moyens publics à l'occasion de la partie campagne électorale", selon Matignon.

Trois semaines avant le scrutin, qui commence le 23 mars, "les déplacements des ministres sur le terrain en tant que ministres, officiels, sont également prohibés, ce qui ne les empêche pas de se déplacer en leur qualité d'homme ou de femme politique pour aller soutenir tel ou tel candidat, sauf cas de force majeure".

>> La photo de famille des ministres-candidats:

Ariane Kujawski