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Municipales: en meeting, Rachida Dati multiplie les flèches contre Anne Hidalgo et Agnès Buzyn

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En meeting dans le 8e arrondissement, Rachida Dati s'est félicitée de sa dynamique dans les sondages et a pris pour cible ses principales concurrentes sans jamais vraiment les nommer.

Cela aura été le fil de rouge de son discours. À la tribune de la Salle Gaveau, dans le 8e arrondissement de Paris, et devant un parterre de 900 spectateurs, Rachida Dati a décoché de multiples flèches à l'égard de ses principales concurrentes, Anne Hidalgo et Agnès Buzyn. Bien plus qu'elle n'a développé les points clés de son programme pour la Ville de Paris.

Ces flèches, elle les a envoyées sans quasiment jamais en désigner les destinatrices ouvertement. Et s'est félicitée des derniers sondages. "Ils ne nous attendaient pas, a-t-elle affirmé. Ils ne nous ont pas vu grandir. Ils étaient déjà trop occupés à échafauder les combinaisons du deuxième tour et peut-être même du troisième (...). Deux partis avaient déjà confisqué le débat."

"Dogmatisme" et "incompétence"

Les cibles sont pourtant très claires. D'une part, Anne Hidalgo, symbole aux yeux de Rachida Dati de "l'idéologie", du "dogmatisme" et du "sectarisme". Une candidate qui porte selon elle le bilan du parti socialiste à Paris dans sa globalité. Vingt ans au cours desquels "Paris s'est abîmée, s'est dévitalisée, s'est fracturée, s'est cloisonnée, s'est communautarisée".

Agnès Buzyn incarne pour sa part "le vide" et "l'incompétence", a taclé la candidate LR. "Une candidate nommée pour boucher un trou qui semble se demander tous les jours ce qu'elle est venue faire dans cette galère." Une candidate dont elle dénonce la nomination par l'Élysée et dont elle ne serait rien d'autre qu'une "marionnette". "Je ne serai aux ordres de personne", a-t-elle martelé face aux ténors de la droite réunis face à elle, notamment Nicolas Sarkozy.

"Elle fera un maire dont les Parisiennes et les Parisiens pourront être fiers", a lancé l'ancien président de la République, en introduction au discours de la candidate, disant son "émotion de revenir" dans la salle Gaveau où il avait fêté sa victoire à la présidentielle en mai 2007. "J'ai toujours pu compter sur elle. Tu peux compter sur moi", lui a-t-il assuré.

Le Paris qu'elle ne veut pas

La candidate LR a construit son discours sur le Paris qu'elle ne veut pas, davantage que sur le Paris qu'elle imagine. Elle a brièvement fait mention de la "chasse à la voiture" ou encore de la prolifération des "voyous" et de l'insécurité ressentie par les femmes dans les rues de Paris. Mais sans jamais vraiment s'étendre sur ces questions. Elle a plutôt misé sur la globalité: "Paris a besoin d'un maire qui regarde les problèmes en face, qui ose les nommer, qui ose s'y attaquer sans choquer les bien-pensants. Je serai ce maire".

Rachida Dati s'est affichée en candidate de l'action face à l'inertie et assure qu'elle ne sera ni "obéissante", ni "silencieuse". Et que les Parisiens ont "l'embarras du choix" si c'est ce à quoi ils aspirent.

Florian Bouhot