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Déclaration de patrimoine: Hidalgo prête à écarter Benguigui

Yamina Benguigui (à gauche) est accusée d'avoir menti sur sa déclaration de patrimoine.

Yamina Benguigui (à gauche) est accusée d'avoir menti sur sa déclaration de patrimoine. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Selon "Le Canard Enchaîné" et "Marianne", la ministre de la Francophonie, candidate dans le 10e arrondissement de Paris, aurait menti sur son patrimoine. Si les faits étaient avérés, Anne Hidalgo pourrait l'écarter de ses listes entre les deux tours.

Yamina Benguigui est dans l'oeil du cyclone. La ministre de la Francophonie, également candidate dans le 10e arrondissement de Paris, est en effet accusée par l'hebdomadaire Marianne d'avoir menti sur sa déclaration de patrimoine, accusation reprise mercredi par le Canard Enchaîné.

De quoi embarrasser Anne Hidalgo, qui fait savoir par son entourage qu'elle pourrait l'écarter si les faits étaient avérés.

La candidate socialiste à la mairie de Paris pourrait sacrifier Yamina Benguigui à la faveur des fusions de listes qui interviendront entre les deux tours des élections municipales, "si d'ici lundi il s'avérait qu'il y ait un problème réel", a ainsi déclaré une source à l'AFP.

Yamina Benguigui "dément formellement"

Dans le document mis en ligne en avril 2013, la ministre et conseillère de Paris aurait omis de déclarer qu'elle détenait des actions dans une société anonyme de droit belge, G2. La vente en janvier 2014 de ses parts lui aurait rapporté 430.000 euros, selon Marianne, qui se fonde sur un document enregistré au greffe de Bruxelles.

Yamina Benguigui, de son côté, a "démenti formellement les propos inexacts" tenus par Marianne dans un communiqué publié vendredi.
"En février 2013, soit avant les premières déclarations de patrimoine, j'ai procédé à la cession de mes parts dans la société G2. Aussi, lorsque j'ai rempli ma déclaration de patrimoine en avril 2013, je ne disposais plus d'aucune part sociale au sein de la société G2, de sorte que c'est à juste titre que je n'en ai pas fait mention", explique-t-elle.

"A la suite d'une préconisation de l'administration fiscale, j'ai dû modifier l'opération de cession de mes parts dans la société G2. En janvier 2014, les parts ont ainsi été cédées, selon un prix fixé de façon neutre et indépendante, à dire d'expert. Je n'ai perçu aucun produit de cette cession compte tenu de l'insuffisance de trésorerie de la société G2", poursuit-elle.

"Nous ne transigerons pas sur les questions de morale publique"

Selon le Canard Enchaîné, Yamina Benguigui a effectivement cédé ses parts à sa société en février pour un euro, avec un droit de retour automatique de son bien dès la fin de ses fonctions gouvernementales. Si ce genre de montage est "légal", il ne "changeait rien à la situation de fortune de Yamina Benguigui, qui restait la véritable proprio de ses actions", affirme le journal.

Invitée à "remettre ses affaires au carré", la ministre de la Francophonie aurait procédé en janvier à la vente "réelle, celle-là" de ses actions, au prix de 430.000 euros - somme qu'elle n'a pas touchée, la société G2 n'étant pas en mesure de l'acquitter.

"Si ces accusations se vérifient, nous ne transigerons pas sur les questions de morale publique", a déclaré à l'AFP le directeur de campagne d'Anne Hidalgo, Rémi Féraud, qui a toutefois souligné qu'il appartenait à "Yamina Benguigui d'apporter des éclaircissements", et qu'il ne fallait pas préjuger de sa culpabilité.

Y. D .avec AFP