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A Saint-Denis, la gauche s'apprête à régler ses comptes

Didier Paillard, le maire de Saint-Denis, affrontera le candidat socialiste Mathieu Hanotin aux élections municipales.

Didier Paillard, le maire de Saint-Denis, affrontera le candidat socialiste Mathieu Hanotin aux élections municipales. - -

Dans le dernier fief communiste de Seine-Saint-Denis, le PS compte bien achever sa conquête du département. Entre les deux camps, les coups pleuvent. Et la droite compte bien en profiter.

Saint-Denis, 105.000 habitants, une mairie communiste et une droite quasi absente. Une situation idéale pour le PS, bien décidé lors des municipales de mars à en découdre et asseoir son emprise sur le département, dans la continuité des dernières législatives.

Une situation qui n’a pas échappé à Didier Paillard, le maire communiste actuel: "Claude Bartolone veut prouver à ses instances qu’il peut ramener des villes "coco" dans le giron du PS". Le Président de l’Assemblée nationale, lui-même élu de Seine Saint-Denis, est en effet considéré par beaucoup comme l’instigateur de la vague rose, ayant déjà emporté sur son passage 9 des 12 circonscriptions du département.

Le socialiste Mathieu Hanotin n'en est pas à son coup d'essai

L’arme de "Barto" pour conquérir Saint-Denis s’appelle Mathieu Hanotin. En dépit de ses 35 ans, le député socialiste est loin d’être un novice en politique. Son premier coup d’éclat remonte à 2008, lorsqu’il ravit le poste de conseiller général au communiste sortant, Ronan Kerrest. Il récidive en 2012 où, contre toute attente, il emporte le siège de député face au candidat Front de gauche Patrick Braouzec, pourtant solidement ancré localement.

Tenant de l’aile gauche du PS, Mathieu Hanotin a refusé une alliance avec l’équipe municipale sortante, elle-même alliée des écologistes. "On ne fait pas une alliance alors que les militants socialistes sont contre", fait-il valoir, précisant qu’il "se sent plus à gauche que les communistes, au vu de leur action."

Le cumul des mandats en question

"La politique menée par François Hollande n’avait pas besoin qu’on y ajoute des divisions à gauche", regrette-t-on dans le camp communiste, qui pointe également du doigt l’éventuel cumul de trois mandats électifs par le candidat socialiste.

Un reproche balayé par Mathieu Hanotin – qui a d’ailleurs voté pour la loi instaurant le non-cumul. "Je crois aux règles du jeu", affirme-t-il. "Si la loi passe, j’ai déjà dit que je ne me représenterai pas au poste de député en 2017. Et d’ici là, je pourrai faire valoir mes atouts de député-maire, tant au Conseil général qu’à l’Assemblée".

Le projet de métropole divise la gauche

A ce duel viendra se mêler un autre candidat, Georges Sali, qui présente une liste du Parti socialiste de gauche (PSG). Militant socialiste pendant 30 ans, président du comité local de soutien à François Hollande, il compte maintenant rassembler les déçus de la politique gouvernementale. Il ne veut pourtant pas s’allier à Didier Paillard, car il est "avant tout socialiste", ni à Mathieu Hanotin "le porte-valise de Bartolone".

Mais le principal point de désaccord au sein de la gauche dyonisienne, c'est le grand projet de métropole porté par le gouvernement, et dont Jean-Marc Ayrault s'en est fait l'echo jeudi 16 janvier. Georges Sali craint, comme Didier Paillard, "une augmentation de la pression foncière et immobilière, et les spéculations" sur le territoire. Mathieu Hanotin, lui, fait savoir qu’il sera très attentif à ce sujet.

La droite veut en profiter

La droite, ultraminoritaire dans le 93, compte bien profiter de ces divisions, et de l’impopularité du gouvernement actuel. A la tête d’une liste UDI-MoDem-UMP, Houari Guermat vise ainsi un score "supérieur à 20%". Pour ce faire, l’accent sera mis sur la fiscalité et la sécurité. Le candidat propose en effet "une pause fiscale, des policiers en plus grand nombre, et l’arrêt de la bétonisation de la ville."

Le candidat FN, lui, veut avant tout lutter contre "le clientélisme obscène" dont fait preuve, selon lui, le maire actuel. Et s’il ne se maintient pas au second tour, Didier Labaune envoie un message clair à ses électeurs : "TSP: Tout sauf Paillard !" Voilà peut-être un soutien dont le PS se serait bien passé.

>> Voir les résultats des précédentes élections à Saint-Denis

Yann Duvert