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Législatives: Mélenchon, adepte du parachutage électoral

Sud-Ouest, Nord, Sud-Est, région parisienne, Jean-Luc Mélenchon a mis sa boussole à rude épreuve en 30 ans de vie politique.

"Bah oui, je suis parachuté partout. Je suis partout chez moi, la France est ma patrie". Jean-Luc Mélenchon l’assume, comme ce mercredi matin au micro de Jean-Jacques Bourdin: en matière électorale, il ne connaît pas de frontières. Il sera donc candidat aux législatives à Marseille. Plus précisément dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, face au socialiste Patrick Mennucci, affirme Le Monde

Depuis sa première élection en 1983, le quatrième homme de la présidentielle n’a cessé d’avoir la bougeotte. Un nomadisme que Jean-Luc Mélenchon explique notamment par son histoire personnelle. Issu d’une famille pied-noir, arrivé en France métropolitaine à l’âge de 10 ans, il ne s'est jamais identifié à un "terroir" en particulier.

"C’est ça mon lien avec la France, je l’aime avec passion parce que je suis de nulle part. Quand certains ont commencé à me casser les pieds avec le parachutage dans le Sud-Ouest aux élections européennes de 2009, je leur ai répondu que je suis partout chez moi", a-t-il ainsi confié au journaliste Samir Tounsi, dans son livre Les solitaires de la République (2012).

Un argument, comme on l’a vu, qu’il n'a jamais cessé de reprendre tout au long de ses pérégrinations électorales.

> L’Essonne: le berceau politique

Après une enfance marocaine et normande, puis ses années d’étudiant en Franche-Comté, Jean-Luc Mélenchon est élu pour la première fois en région parisienne. Grâce au soutien de Claude Germon, baron socialiste de l’Essonne qui l’a pris sous son aile, le jeune adhérent du PS est élu conseiller municipal de Massy en 1983.

Suivront une élection au conseil général en 1985 mais surtout au Sénat l’année suivante. A 35 ans, il devient le plus jeune élu à la chambre haute du Parlement. Il restera sénateur de l’Essonne jusqu’en 2009.

> Le Sud-Ouest: le mandat de l’émancipation

En 2008, Jean-Luc Mélenchon a rendu sa carte du PS et lancé sa propre formation politique, le "Parti de gauche". L’année d’après, il se présente aux européennes comme tête de liste du "Front de gauche", alliance du PG et du PCF, dans la grande circonscription du Sud-Ouest (qui comprend l’actuelle région Occitanie et cinq départements de la Nouvelle-Aquitaine). Il est élu en 2009 et réélu en 2014.

> L’incursion ratée chez les Ch’tis

En 2012, fort de ses 11% dans la course à l’Elysée, Jean-Luc Mélenchon décide de défier Marine Le Pen aux législatives dans son fief nordiste. La suite logique de sa stratégie "front contre front" appliquée pendant la présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon se sent d’autant plus autorisé à pratiquer le "tourisme électoral" que le scrutin législatif est une élection nationale, comme le stipule la Constitution: les députés ne sont pas les représentants des citoyens d’un territoire mais de la nation tout entière.

Problème: les ch’tis ne disent pas bienvenue au chef de file de la gauche radicale. Avec 21,48% des voix (et moins de 12,5% des inscrits), il est éliminé au premier tour dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Marine Le Pen (42,36%) et le socialiste Philippe Kemel (23,5%) s’affrontent en duel au deuxième tour.

> Marseille 2017

Si Jean-Luc Mélenchon vogue aux quatre coins du pays, ses destinations ne sont pas non plus choisies complètement au hasard. A Marseille, le leader de la France insoumise est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle. Il a réuni 24,82% des suffrages dans la cité Phocéenne, contre 23,66% pour Marine Le Pen et 20,44% pour Emmanuel Macron.

Une bonne base de départ pour espérer un atterrissage en douceur à l’Assemblée nationale.

Ghislain de Violet