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Européennes: Nathalie Loiseau évoque "d'amicales pressions" pour qu'elle soit candidate à la tête de liste

Nathalie Loiseau, ministre auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères à l'Elysée le 14 novembre 2018.

Nathalie Loiseau, ministre auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères à l'Elysée le 14 novembre 2018. - LUDOVIC MARIN / AFP

La ministre des Affaires européennes assure avoir fait part de ses "hésitations" au président et au Premier ministre Édouard Philippe.

Son entourage l'aurait convaincue. La ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau a déclaré vendredi avoir cédé à d'"amicales pressions" pour prendre la tête de liste de la majorité présidentielle aux élections européennes de mai. Selon ses dires, Emmanuel Macron était au courant de ses intentions.

"On ne dit pas facilement ni à la légère au revoir à ce type de responsabilités" ministérielles, a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse commune avec le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney. A fortiori à une période aussi cruciale dans son domaine d'attributions, marquée par le Brexit.

Une annonce critiquée

Nathalie Loiseau a assuré avoir fait part de ses "hésitations" au chef de l'État, au Premier ministre Édouard Philippe et à "tous ceux qui m'ont encouragée à penser à cette candidature, qui m'ont entourée de conseils et de pressions amicales".

Après avoir répété de nombreuses fois qu'elle n'était pas candidate, Nathalie Loiseau a finalement annoncé jeudi soir à l'issue d'un face à face télévisé avec Marine Le Pen qu'elle le serait, suscitant des critiques sur la sincérité de ses déclarations initiales. Y compris dans son propre camp, où l'on juge que le style de l'annonce n'a pas été du meilleur effet pour une entrée en campagne.

"Oui j'ai changé d'avis. Certains ont pu écrire que j'étais mauvaise comédienne. Et bien cela tombe bien parce que je ne joue pas la comédie", a-t-elle dit, avant d'ajouter: "Ces pressions amicales, je les ai entendues."

"La politique, c'est prendre un risque"

"Ce n'est pas par narcissisme échevelé que je me suis rendue à ces conseils" mais en raison des "risques qu'un parti qui se dit nationaliste mais qui travaille activement au déclin de notre pays dans l'Union européenne fasse un bon score aux élections du 26 mai", a-t-elle ajouté en référence au Rassemblement national.

Après avoir déclaré jeudi que les responsables de la majorité n'étaient pas au courant de ses intentions, elle a précisé vendredi qu'Emmanuel Macron l'était.

"La politique c'est cela, c'est prendre un risque (...) Bien sûr le président était au courant que j'envisageais de l'annoncer prochainement", a-t-elle dit, précisant que ce serait aux "responsables de cette majorité élargie" de dire "si cette candidature recueille leur assentiment".

"Je serai heureuse si c'est le cas et heureuse si je continue à exercer mes fonctions de ministre en charge des Affaires européennes", a-t-elle conclu. 

Jules Pecnard avec AFP