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Européennes: la vague Bleue Marine emporte l'UMP et le PS

La présidente du Front national Marine Le Pen, dimanche soir, au siège du Front national à Nanterre.

La présidente du Front national Marine Le Pen, dimanche soir, au siège du Front national à Nanterre. - -

La victoire du FN aux élections européennes a ébranlé l'échiquier politique traditionnel. Le PS a enregistré son plus mauvais score à ce scrutin, et l'UMP, second, s'est vu en outre ce lundi ébranlé par le scandale Bygmalion.

J+1 après la débâcle pour les deux grands partis traditionnels français. Lors d'élections européennes marquées par une absention forte (57,57%) mais moindre qu'en 2009, le Front national de Marine Le Pen a devancé l'UMP et le PS. Le parti d'extrême droite, qui a fait campagne contre Bruxelles, envoie ainsi 24 des 74 députés au Parlement européen, contre 20 à l'UMP et seulement 13 au PS.

Infographie - la composition du parlement européen

> Le FN premier en France, les europhobes forts en Europe

Avec 25,4% des voix, le FN est arrivé en tête dans 71 départements, et a su mobiliser un électorat jeune : 30% des votants de moins de 35 ans lui ont accordé leur voix.

Mais la France n’a pas été le seul parti à plébisciter les partis europhobes: le Royaume-Uni a placé en tête les europhobes de l'Ukip, le Danemark le Parti populaire, anti-immigration. Le FPÖ autrichien et le Jobbik hongrois ont également réalisé des scores très forts. Marine Le Pen a indiqué dans la journée qu'elle se rendrait mardi à Bruxelles pour y tenir une conférence de presse avec "ses alliés". Objectif pour elle: parvenir à former un groupe parlementaire.

Le Parti populaire européen (PPE), qui rassemble les grands partis de la droite traditionnelle, devrait néanmoins rester largement majoritaire au Parlement européen.

Carte interactive - les députés européens français, région par région

> Score historiquement bas pour le PS

De son côté, le PS a enregistré à ce scrutin son plus mauvais score. L’avenir de la majorité socialiste était donc sur toutes les lèvres. Dès le matin, le Premier ministre Manuel Valls s'est voulu ferme. Sur les ondes de RTL, il a affirmé ne pas avoir pensé à démissionner, et a coupé court à toute idée de dissolution de l’Assemblée: "Un mandat a été donné au président pour cinq ans, une feuille de route a été tracée", a-t-il estimé.

Le chef du gouvernement a ensuite rejoint, avec plusieurs autres ministres, le président François Hollande pour une réunion de crise à l’Elysée. Ensemble, ils devaient évoquer la rencontre mardi des chefs d’Etat et de gouvernement européens à Bruxelles, à laquelle participe le président.

A 20 heures, celui-ci s'est exprimé dans une brève allocution pour réaffirmer que "l'avenir de la France était en Europe". Affirmant qu'il avait "entendu le message" des urnes, il a néanmoins souligné que la "ligne de conduite du gouvernement "ne pouvait pas dévier en fonction des circonstances".

> L'UMP sombre dans la crise

 A l'UMP, second mais distancé par le Front national, l'heure n'était également guère à la fête lundi matin. Au fil de la journée, le parti a petit à petit sombré dans une grave crise avec de nouvelles révélations sur l’affaire Bygmalion.

L'avocat de cette société, dirigée par des proches de Jean-François Copé, a évoqué des "fausses factures" mises en place "à la demande de l'UMP" pour dissimuler des dépenses liées aux meetings de Nicolas Sarkozy. Des perquisitions étaient en cours dans la soirée dans les locaux de Bygmalion et à l’UMP.

M. T.