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Elections départementales: les enjeux du second tour

Dimanche, quelque 42 millions d'électeurs sont convoqués pour le second tour des départementales.

Dimanche, quelque 42 millions d'électeurs sont convoqués pour le second tour des départementales. - AFP

Dimanche, les électeurs sont appelés à voter dans 1905 cantons, où se disputeront 1.614 duels et 278 triangulaires. Combien de départements basculeront à droite? Le Front national peut-il en gagner? Les consignes des états-majors seront-elles respectées? Eléments de réponse.

Le second tour des départementales, dimanche, consacre l'entrée du pays dans l'ère du tripartisme. Le FN de Marine Le Pen sera en effet sur la ligne de départ dans plus d'un canton sur deux. Au premier tour, l'alliance UMP-UDI a totalisé 28,75% des suffrages contre 21,47% aux binômes comptant au moins un socialiste, les sympathisants PS s'étant nettement moins déplacés pour voter. Le parti d'extrême droite a quant à lui obtenu 25,18%, soit une progression énorme -dix points par rapport aux cantonales de 2011-, arrivant en tête dans 43 départements.

> Combien de départements basculeront à droite?

La France des départements va virer au bleu, c'est une certitude depuis le soir du premier tour. La "droite républicaine", qui aligne 1.602 binômes homme-femme, peut espérer voir basculer entre 60 et 80 départements. Au minimum, le scrutin devrait inverser le rapport de force dans les départements: 60 pour la droite, 40 pour la gauche.

Parmi ceux qui vont basculer à droite ou risquent fort de le faire figurent les Bouches-du-Rhône, administrées par le PS depuis des décennies; la Corrèze, fief de François Hollande; l'Essonne, département de Manuel Valls; l'Isère ou encore les Pyrénées-orientales. De son côté, le PCF pourrait perdre l'Allier.

> Combien de départements la gauche va-t-elle perdre?

Le deuxième tour s'annonce très compliqué pour la gauche qui, actuellement, gère 61 des 101 départements concernés par les élections. La majorité pourrait abandonner plusieurs dizaines de départements à la droite, portée par sa dynamique du premier tour.

Un membre du gouvernement, espère qu'elle pourra garder "une trentaine de départements". "On est assuré d'en conserver vingt", a assuré le "Monsieur Elections" du PS, Christophe Borgel. Parmi ceux-ci, la Haute-Garonne ou la Nièvre. Devraient aussi rester à gauche la Seine-St-Denis et le Val-de-Marne, de l'aveu même d'un expert électoral de l'UMP.

> Le FN peut-il en gagner?

Le Front national espère de son côté contrôler une ou deux assemblées départementales. Le parti d'extrême droite mise sur une victoire dans le Vaucluse, ce qui ferait du département d'élection de Marion Maréchal-Le Pen la première conquête locale majeure du FN, un an après la "prise" d'une dizaine de villes aux municipales. Une victoire dans l'Aisne n'est pas non plus hors de portée, voire dans le Pas-de-Calais et le Gard, où un front républicain s'est pourtant constitué pour bloquer le FN.

Pour le FN, le défi consiste à progresser suffisamment entre les deux tours pour franchir le seuil des 50%, synonymes de victoires dans les cantons. Assuré de sa présence au sein des futurs conseils départementaux, le parti de Marine Le Pen a d'ores et déjà - légèrement - augmenté son résultat historique des européennes de 2014, à plus de 25%.

> Report et abstention: les grandes inconnues

A de rares exceptions près, et à la différence de la gauche, l'UMP a maintenu ses candidats dans les triangulaires dont le FN a des chances réelles de sortir vainqueur, au grand dam de Manuel Valls, qui a dénoncé une "faute morale et politique". Les consignes des états-majors seront-elles respectées? Le grand mystère des urnes reste le report des voix. 

Depuis 2011, le FN grignote des voix entre les deux tours. "Rien n'est joué" pour ce second tour, a cependant assuré Manuel Valls vendredi sur iTELE. "Juste avant le premier tour, on nous prévoyait une abstention massive. Elle a été importante mais plus d'un Français sur deux est allé voter. On prévoyait un effondrement du PS et de ses alliés, ils ont réalisé 26 à 27%".

Caroline Piquet avec AFP