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Départementales: les points chauds du second tour

La droite est sortie largement en tête du premier tour des départementales, alors que la gauche divisée est en passe de perdre dimanche prochain une trentaine de conseils généraux et que le FN, à plus de 25%, est qualifié dans plus d'un canton sur deux.

Des départements en ballotage défavorable pour le PS, de potentielles victoires de la droite dans des bastions traditionnels de gauche et la prise possible de quatre départements par le FN. Les cartes électorales des départements ont été rebattues dimanche.

Au plan national, au vu des résultats publiés par le ministère de l'Intérieur, la gauche ne devrait conserver qu'une vingtaine de départements sur les 61 qu'elle détenait. La droite, bien placée pour conserver ses bastions, pourrait lui ravir au minimum une quinzaine de départements, avec dans le viseur quelques territoires emblématiques tels que le Nord ou la Corrèze.

> Le Nord

Aux commandes du conseil général du Nord depuis 1998, le Parti socialiste est voué à perdre ce bastion, écrasé au premier tour des départementales par l'UMP-UDI et par le FN, qui se livreront de nombreux duels au second tour dimanche prochain.

Le PS est éliminé dans 27 cantons sur les 41 que compte le département le plus peuplé de France.

La droite unie UMP-UDI se qualifie, elle, pour le second tour dans 28 cantons contre 37 pour le Front national, mais se retrouve en position de force par le jeu du report probable des voix de gauche à son profit.

> La Corrèze

La Corrèze est sur le point de rebasculer à droite. Dans ce département que François Hollande n'avait emporté qu'avec une très courte avance en 2008 et qui lui avait servi de tremplin pour l'Elysée, le socialiste Gérard Bonnet, président sortant du Conseil général, est contraint à un second tour. Il en est de même pour Bernard Combes, maire PS de Tulle: il ne lui manquait toutefois que huit voix pour être élu dès le premier tour. Contrairement à de nombreux départements français, le Front national reste globalement en retrait et ne sera présent nulle part en Corrèze au second tour.

> Le Vaucluse

Le FN a confirmé dimanche son ancrage dans le Vaucluse et le Var, en remportant un canton dans chacun de ces départements. Joris Hebrard, maire frontiste déchu du Pontet en 2014, a empoché largement le canton de la commune dès le premier tour. Marine Le Pen juge désormais "crédible" la possibilité pour son parti d'emporter un ou deux départements. Elle cite le Vaucluse et l'Aisne.

> L'Aisne

L'Aisne, aux mains du PS depuis 1998, est à la portée du Front national, qui y recueille 38,7% des voix et se maintient dans 20 cantons, ayant gagné dès dimanche le 21e, celui de Vic-sur-Aisne, une première. Il sera confronté à la gauche (31% des voix tous partis réunis) dans 15 cantons, et à la droite (près de 30%) dans 14. Le scrutin risque d'être très serré et déboucher sur un conseil départemental instable où droite et gauche réunies pourraient former des majorités d'occasion. Tout va dépendre du report des voix, voire dans certains cas du retrait d'une liste pour barrer la route à l'extrême droite, notamment dans les neuf cantons où des triangulaires s'annoncent.

> La Seine-Saint-Denis

Le département de la Seine-Saint-Denis basculera-t-il à droite pour la première fois de son histoire? Dans ce département emblématique de la "banlieue rouge", géré par le PS depuis 2008, les électeurs ont déserté les urnes, en battant le record national d’abstention. Le PS, qui présentait des listes communes avec les écologistes dans la quasi-totalité du département, est bien arrivé en tête dans 10 cantons sur 21, et le PCF, qui avait ses propres listes, dans trois cantons. Sur les deux cantons de Saint-Denis, sur Montreuil-2, ou encore les cantons de Pantin, Aubervilliers et Bagnolet, seuls le PS, EELV ou le Front de gauche sont qualifiés. La Seine-Saint-Denis pourrait basculer à droite, sous l’impulsion du patron de l’UDI, le décrié député et maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde.

K. L.