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Départementales: le poison des stratégies multiples à gauche

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV.

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV. - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

Les Verts et le Front de gauche avaient présenté des candidats contre le Parti socialiste dans la plupart des cantons. Avec 12% des voix, ils n'ont pourtant pas réussi à faire émerger de réelle alternative.

Le PS termine 3e de la course aux départementales, et sera absent au second tour dans plusieurs centaines de cantons. En cause notamment, l'émiettement des voix à gauche: le Front de Gauche et EELV avaient présenté des candidats dans la majorité des cantons. Mais avec un score de 12% au final, ils n'ont pas réussi à fédérer suffisamment d'électeurs pour représenter une véritable alternative. Des divisions qui ont coûté cher au PS.

"Je regrette que dès le premier tour, nous n'ayons pas eu un rassemblement plus large de toute la gauche et des écologistes, qui aurait permis à des candidats d'être présents en plus grand nombre au second tour", a réagi dimanche soir Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale.

"Il y a une dynamique qui s'est créée, il y a une recherche dans ce pays d'exprimer une opposition de gauche à la politique de ce gouvernement, c'est clair et net", s'est félicité de son côté Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche. Au total, l'extrême gauche et les Verts récoltent aux alentours de 12% des voix. Assez pour faire trébucher la majorité gouvernementale, mais insuffisant pour proposer une réelle alternative. 

Un argument pour François Hollande

Pourtant, paradoxalement, cette situation pourrait profiter à François Hollande, qui peut désormais s'appuyer sur la victoire tangible de Nicolas Sarkozy à ce premier tour pour convaincre le Front de Gauche et EELV de l'importance d'une union à gauche, notamment en vue de la présidentielle.

Mais le plus dur reste à faire, tant les divergences de fond sont profondes. La question divise aussi les écologistes, entre les partisans d'une ligne dure, et ceux favorables à une alliance. "J'appelle les écologistes à se rassembler autour des candidatures de gauche qui le voudront bien. Le rassemblement on l'a cherché. On n'a pas toujours réussi à avoir en face de nous des gens qui étaient prêts à le faire et ça ne concerne pas que le PS", a déclaré Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale, après les premières estimations.

Les écologistes, qui ne se sont présentés que dans 950 des 2.054 cantons, avaient choisi dans "43% des cas" de s'associer avec au moins une composante du Front de gauche. Dans 17% des cas ils sont alliés avec le PS et dans 4% avec le PS et le PCF. 

A. G. avec Antoine Heulard