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Départementales: l'étiquetage des listes contesté à droite et à gauche

Affiches de campagne pour les départementales au Castanet-Tolosan, en Haute-Garonne (Photo d'illustration)

Affiches de campagne pour les départementales au Castanet-Tolosan, en Haute-Garonne (Photo d'illustration) - Remy Gabalda - AFP

Jean-Luc Mélenchon a tweeté dimanche soir sa colère contre les listes établies par le ministère de l'Intérieur. Selon lui, elles minorent le score du Parti de gauche. 

Les résultats des élections départementales ne sont pas encore officialisés, mais Jean-Luc Mélenchon les conteste déjà. Il s'en explique sur Twitter. "Score bidon à 20 heures. Le PS s'additionne tous ses dissidents plus tous les tandems", a tweeté l'eurodéputé. Avant d'insister dans un second tweet: "La moitié des candidats PG sont étiquetés "divers gauche"".

Des nuances parfois complexes à définir

Depuis la loi organique du 17 mai 2013, les "nuances" politiques des listes pour les départementales doivent être obligatoirement inscrites par les préfectures. Or selon les cantons, le Parti de gauche est allié à différents partis: le Parti communiste (sous l'étiquette du Front de gauche), mais aussi Europe Ecologie – Les Verts, le NPA ou des candidats de la société civile. L'étiquetage du Parti de gauche est donc parfois rendu complexe, et la formation politique de Jean-Luc Mélenchon se retrouve étiquetée "divers gauche" malgré elle. 

Le Parti de gauche n'est d'ailleurs pas le seul concerné: son allié le Parti communiste aussi connaît la même déconvenue. Avant l'élection déjà, Olivier Dartigolles, le porte-parole du PCF, avait déploré un étiquetage "fait arbitrairement" par le ministère de l'Intérieur.

"Pour ne pas être pris la main dans le sac, le ministère a publié des listings faisant disparaître l'étiquetage individuel des candidates et des candidats", déplorait début mai Olivier Dartigolles. Et qui minore selon lui le nombre de ses candidats pour les élections, "faisant disparaître les étiquettes politiques des candidats dans des catégories généralistes incertaines comme 'divers gauche' ou 'union de la gauche'. Le but de cette opération, pour Jean-Luc Mélenchon, étant de "camoufler la défaite du PS", disait-il déjà en 2014.

L'UMP aussi concernée

Ce système avait déjà été dénoncé lors du vote de la loi, en 2013. Le président de l'Association des maires de France s'en était ému auprès de Manuel Valls. Le Premier ministre avait alors répondu que cette mesure "permet d'apporter à nos concitoyens un éclairage et une information lisible sur les résultats issus des urnes".

Mais cette critique concerne aussi l'UMP de Nicolas Sarkozy. Dans la semaine, le secrétaire général de la formation de droite, Laurent Wauquiez, s'était vivement plaint de l'étiquetage des listes de droite par le ministère de l'Intérieur. Selon lui, plus d’un millier de binômes présentés par l’UMP sont classés comme "divers-droite", ce qui permettrait de minorer le score du parti de Nicolas Sarkozy.

A. K.