BFMTV

Départementales: duel 100% extrême droite à Orange

Dimanche, le binôme du Front national et celui de la Ligue du Sud, une formation locale d'extrême droite, s’affronteront dans les urnes pour le second tour des élections départementales.

Dans le canton d’Orange, dans le Vaucluse, l’extrême droite sera opposée dimanche à... l’extrême droite. Avec respectivement 31,61% et 26,98% des voix, le Front national et la Ligue du Sud de Jacques Bompard, se sont qualifiées pour le second tour des élections départementales. Les autres listes - UMP (18,58%), Union de la gauche (16,04%), divers (6,79%) - ont été éliminées à l'issue du premier tour.

"Le FN fait un score énorme, c'est le vote du désespoir", a réagi Jacques Bompard, ex-frontiste et maire d’Orange depuis 1995. L’édile espère encore la victoire de sa propre formation, la Ligue du Sud, lancée en 2010 par d’anciens du FN, à Orange et à Bollène. Un pari difficile sans alliance avec le FN à Bollène, où la gauche est arrivée en tête (36,45%) devant la Ligue du Sud (32,66%) et le FN (30,89%). 

Des discussions en cours

Des discussions sont en cours entre les deux partis. Car Marine Le Pen rêve de ravir à la gauche le Vaucluse, terre d'élection de la députée Marion Maréchal-Le Pen et seul département où un conseiller général FN avait été élu aux dernières élections cantonales, en 2011. Invitée lundi sur BFMTV et RMC, la présidente du FN a jugé lundi qu'une victoire y était, comme dans l'Aisne, une "hypothèse crédible". 

Mais le FN aurait tout intérêt à éviter une dispersion des voix, alors que la gauche, partie unie dans 14 cantons sur les 17 que compte le département, est en tête dans six cantons. "Dès ce soir ou demain, je vais aller à la rencontre des candidats de la Ligue du Sud pour réfléchir à la meilleure solution", annonçait dimanche soir Marion Maréchal-Le Pen, secrétaire départementale du parti, au Figaro.

Jacques Bompard a de son côté appelé lundi sur Twitter à "faire l'union" sur la base de "l'enracinement et le bilan d'une méthode qui fonctionne", et pas d'une "étiquette". 

Mais selon les informations d'un journaliste de L'Express, le refus de la Ligue du Sud de se désister à Orange empêcherait pour l'instant un accord entre les deux formations.

"Si ça s’est décidé comme ça, c’est que les gens ne sont pas contents"

Les Orangeois sont habitués à ces scores importants pour les extrêmes. "Ca va laisser une extrême droite ou une extrême droite. Il y en a peut-être une qui est plus modérée que l’autre. Après, il va falloir réfléchir", commente simplement une habitante au micro de BFMTV.

Certains déplorent de ne plus pouvoir choisir qu'entre le binôme frontiste (formé par Jean-François Mattei et Brigitte Vigne), et le duo de la Ligue du Sud (formé par Yann Bompard et Marie-Thérèse Galmard). "Il manque ce petit bout de République, ce petit espoir qui fait qu’on peut tous vivre ensemble sans forcément jeter la pierre sur l’un ou sur l’autre", regrette un jeune homme croisé dans les rues de la ville. "Si ça s’est décidé comme ça, c’est que les gens ne sont pas contents", fait valoir une autre passante, "voilà, c’est tout!"

V.R.