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Elections européennes: comment un vote au Royaume-Uni modifierait les résultats en France

Le parlement européen - Image d'illustration

Le parlement européen - Image d'illustration - FREDERICK FLORIN / AFP

Un nouveau report du Brexit pourrait avoir des conséquences directes sur les élections européennes de mai prochain.

C’était le scénario redouté par beaucoup. A quelques semaines des élections européennes qui se tiendront le 26 mai prochain, la situation britannique et sa sortie de l’Union Européenne semble loin d’être résolue. Face à l’incapacité de Theresa May à résoudre le casse-tête du Brexit, la Première ministre, qui veut éviter une sortie sans accord, joue la montre et a demandé plus tôt dans la semaine un nouveau report au 30 juin prochain, avec malgré tout une possibilité de sortie si un compromis est trouvé.

Une situation épineuse, puisque cette nouvelle échéance renvoie un mois après les élections européennes, scrutin auquel les Britanniques ne devaient logiquement pas participer. Or, en cas de nouveau report, le pays sera toujours membre de l’UE en date, et sera forcé selon le droit européen d’organiser lui aussi des élections continentales.

"Si un État membre n’organisait pas d’élection, il serait en infraction par rapport aux traités existants", prévenait le Parlement, dans des propos repris par Le Parisien.

73 sièges en suspens

Problème: avec l’annonce du Brexit, les sièges britanniques, au nombre de 73, avaient déjà été déjà répartis l’année passée entre les états membres. Ainsi, certains pays dont la France et l’Espagne augmentaient leur nombre de députés, indexés sur la démographie grimpante des deux pays (5 sièges supplémentaires chacun). D’autres membres, dont les Pays-Bas et l’Italie, augmentaient leurs quotas de députés de trois unités. Finalement, les sièges qui n'avaient pas été répartis devaient être réservés à de potentiels nouveaux membres dont la Serbie ou l’Albanie, souligne Le Monde.

En cas de participation à l’élection, la logique voudrait que le Royaume-Uni retrouve ainsi ses 73 députés habituels, modifiant également le nombre de sièges des autres pays. Ainsi, la France, sans le contingent britannique, repasserait de 79 à 74 sièges.

Et dans cette hypothèse précise, plusieurs partis français seraient directement impactés par la disparition de ces cinq sièges. Ainsi, et selon le dernier sondage Ifop de ce mardi relayé par Le Figaro, les deux partis en tête des intentions de vote, LaREM et la Rn pourraient perdre tous deux de 1 à 2 sièges au parlement. Plus loin, les trois formations suivantes, LR, LFI et EELV pourraient quant à elles perdre de 0 à 1 député. Finalement, flirtant avec les 5% d'intentions de votes, nécessaires pour prétendre à un représentant à Strasbourg, le PS ne serait pas impacté.

Plusieurs hypothèses

A l'heure actuelle, et malgré le marasme ambiant, un report de l'élection n'est nullement envisagé. Toujours selon Le Monde, plusieurs solutions pourraient alors être envisagées. La première serait, logiquement, la résolution du Brexit avant la fin juin, date à laquelle la nouvelle session du Parlement européen doit débuter. 

Deuxième possibilité, un parlement sans les députés britanniques. Dans ce cas précis, si le pays n'arrive pas à organiser d'élections dans les temps, les sièges qui leurs sont alloués resteraient vides et ne seraient pas de nouveau répartis entre les autres états membres.

Enfin, il est également envisageable, en cas d'élection, d'attribuer de manière provisoire des sièges aux députés britanniques et, en cas de sortie de l'UE, de laisser ces places vacantes.

Les autorités européennes devraient très prochainement statuer sur l'une de ces solutions.

Hugo Septier