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EDITO - Policiers "acclamés" à Strasbourg, pris pour cible samedi: "la contradiction républicaine"

Les forces de l'ordre dans le quartier du Neudorf à Strasbourg ce jeudi soir.

Les forces de l'ordre dans le quartier du Neudorf à Strasbourg ce jeudi soir. - Alain JOCARD / AFP

Mercredi soir, les forces de l'ordre ont été applaudies par les habitants de Strasbourg. Ces mêmes policiers qui se font huer lors des manifestations de gilets jaunes, remarquent nos éditorialistes Christophe Barbier et Bruno Jeudy.

Mercredi soir vers 22 heures, les Strasbourgeois ont vivement applaudi et remercié les forces de l'ordre. Quelques minutes auparavant, une patrouille de la BST, en charge de la sécurité publique, venait de neutraliser Chérif Chekatt, soupçonné d'être l'auteur de l'attaque du marché de Noël de Strasbourg qui a fait au moins 3 morts et 12 blessés.

Des applaudissements sans doute bienvenus, pour des forces de l'ordre qui doivent encadrer le mouvement des gilets jaunes depuis plus de quatre semaines. Ce que n'a pas manqué de faire remarquer l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, à travers une interrogation postée sur son compte Twitter: "Policiers: des mercis jeudi, des pavés samedi ??"

> Christophe Barbier: "La contradiction républicaine"

“Il voit juste, c’est vrai que c’est la même police. On a par exemple vu sur les images des policiers de la BRI, qui a été engagée dans le maintien de l’ordre ces derniers week-ends. C’est donc bien la même police, qui est acclamée à Strasbourg et qui peut-être demain, sera la cible d’une frange des gilets jaunes et des casseurs idéologiques, qui viennent dans ces manifestations pour casser du flic.

On a véritablement la contradiction républicaine. On voit bien comment, désormais, la légitimité est du côté de la police. Pas seulement parce que cette affaire nous rappelle que la police nous protège en déjouant des attentats et quand des attentats ont lieu en neutralisant les terroristes. Mais la police assure aussi la continuité du tissu républicain. Permettre aux gens de manifester, c’est le travail de la police, mais que les manifestations se retournent contre la police, là on est en contradiction."

> Bruno Jeudy : Les gilets jaunes "sont à la croisée des chemins"

"Les gilets jaunes sont à la croisée des chemins. Finalement la semaine dernière, la police a pu en quelque sorte contenir les manifestants les plus violents même si les dégâts ont été importants.

Cette fois-ci ce sont les gilets jaunes qui ont la pression. Certains hésitent même à y aller et poursuivre la stratégie de la manifestation. Ils prennent le risque qu’il y ait encore des violences et encore moins de monde. Ce serait leur mouvement qui serait un peu affecté, pénalisé par une nouvelle manifestation violente, avec peu de manifestants.”

Christophe Barbier, Bruno Jeudy