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ÉDITO - "La stratégie de LaREM pour séduire les élus PS peut marcher"

Jeudi, une note du directeur de cabinet de Richard Ferrand exposant à ce dernier un plan pour attirer vers La République en marche des élus socialistes a fuité. Elle pourrait cependant fonctionner, selon notre éditorialiste politique Christophe Barbier.

Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, l'affaire échauffe quelques esprits, dans les états-majors politiques aussi. Jeudi, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, rendait publique sur Twitter, ulcéré, la note rédigée par Jean-Marie Girier, directeur de cabinet du président de l'Assemblée nationale dont l'objet était le suivant: mettre en place un "AGIR de gauche". L'idée poursuivie tout au long de se document est en effet d'attirer à soi, c'est-à-dire à La République en marche, des élus PS et de constituer un courant spécifiquement identifié centre-gauche au sein de l'appareil présidentiel à neuf mois des européennes. 

Notre éditorialiste politique Christophe Barbier, a analysé le contenu de ce document ce vendredi matin.

"C’est une véritable machine de guerre"

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"C’est une note très précise, qui prône d’abord la ’souplesse organisationnelle’: surtout ne pas lancer d’appels à des élus pour ne pas les mettre en porte-à-faux avec leur parti, ne pas créer de structure. Ensuite, tendre la main par un appel d’élus et puis la création d’un collectif, d’un cercle, d’un courant à ceux qui tout discrètement pourraient venir vers la République en marche. Et enfin, un calendrier très précis: en juin, un appel de sénateurs, en juillet des tribunes dans la presse, en août, le 31 car le jour est fixé, un rassemblement en région chez un maire socialiste et en septembre La République en marche donnerait son investiture à des maires ex-socialistes qui deviendraient des maires macronistes. C’est une véritable machine de guerre, une offensive souterraine de LaREM, alors que depuis les européennes, les offensives publiques c’était sur la droite.

Il y a un vrai intérêt pour LaREM parce que le PS ne tient plus vraiment que par ses élus locaux. Et ça peut marcher car ses maires savent bien que derrière il y a d’autres échéances comme les régionales, puis les législatives après la présidentielle. Ils ont lu les résultats dans leurs villes aux européennes et entre la poussée écolo et la résistance macroniste ils sont un peu coincés. Mieux vaut pactiser avec Macron que se retrouver deuxième ou troisième au soir du premier tour. Mais maintenant que la stratégie est sortie, ceux qui vont abonder dans ce sens-là seront repérés".

Robin Verner