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EDITO - Édouard Philippe a "manqué d'innovation, d'audace" pour son discours de politique générale

Pour son deuxième discours de politique générale, Édouard Philippe a remporté le vote de confiance des députés, mais ils sont plus nombreux qu'il y a deux ans à avoir voté 'contre' ses annonces.

Le Premier ministre a prononcé ce mercredi son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale, pour l’Acte 2 du quinquennat. Il a notamment promis un "profond changement de méthode", et déroulé de nombreuses mesures visant le pouvoir d’achat, la réforme des retraites, ou encore l’assurance chômage.

Plusieurs réductions ont été annoncées, comme le niveau historique des baisses d'impôts, avec une diminution de 27 milliards d'euros sur l'ensemble du quinquennat

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"Il n'y a plus de bénéfice du doute pour ce pouvoir"

"Édouard Philippe n'a pas su prendre l'occasion au vol, il avait quand même un bon moment politique à jouer et non. Il a joué le chef de l'administration, le premier des fonctionnaires, il n'a pas pris de dimension politique et c'est dommage, parce qu'il en a le talent.

Et puis quand on regarde ses déclarations, on retrouve des discours anciens. Par exemple dire 'une forme de combat politique a vécu, droite-gauche c'est fini'. Michel Rocard, 29 juin 1988, le même texte. Ou alors 'l'impôt sur le revenu ma priorité', changer l'impôt sur le revenu, et bien c'était Alain Juppé en 1995. Je prends deux Premier ministres qu'il a cité comme des mentors. Ça manquait un peu d'innovation, d'audace, de projection, de dimension.

Quant au vote de confiance: 370 pour il y a deux ans, 363 mercredi. Il n'y a pas de dégâts. Mais pour les contres, ils étaient 67 il y a deux ans, ils sont 163 hier. L'abstention s'est effondrée, il n'y a plus de bénéfice du doute pour ce pouvoir. Le seul moyen pour Édouard Philippe de triompher, ce sera les résultats, or il n'a pas dit comment il financerait toutes les mesures qu'il a annoncées."

Nicolas Doze (BFM Business): "Il n'y a rien sur le financement"

"Le financement ? Rien, que dalle sur le financement. C'est la grande braderie, c'est la grande distribution, il y en a pour tout le monde à tous les âges: il y en a pour la petite enfance, il y en a pour le contribuable, il y en a pour les actifs, il y en a absolument pour tout le monde, mais il n'y a rien sur le financement.

Et on continue à faire croire que l'on peut réformer un pays sans douleur, sans effort et sans perdant."

Salomé Vincendon