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Echec des expertises génétiques dans l'affaire du petit Grégory

Les expertises génétiques ordonnées pour résoudre le mystère de l'assassinat du petit Grégory Villemin n'ont pas permis d'identifier de suspect. /Photo d'archives/REUTERS/HO

Les expertises génétiques ordonnées pour résoudre le mystère de l'assassinat du petit Grégory Villemin n'ont pas permis d'identifier de suspect. /Photo d'archives/REUTERS/HO - -

PARIS - Les expertises génétiques ordonnées pour résoudre le mystère de l'assassinat du petit Grégory Villemin n'ont pas permis d'identifier de...

PARIS (Reuters) - Les expertises génétiques ordonnées pour résoudre le mystère de l'assassinat du petit Grégory Villemin n'ont pas permis d'identifier de suspect, confirme le procureur général de Dijon Jean-Marie Beney.

Quasiment arrivés au terme de leurs travaux, les experts n'ont pas déterminé de correspondance entre les empreintes génétiques isolées sur plusieurs pièces à conviction et l'ADN d'environ 150 protagonistes de ce dossier qui remonte à 1984, a-t-il expliqué à des journalistes.

"Il n'y a pas de résultats sur la majeure partie des examens", a-t-il dit.

L'expertise n'est pas complète mais il est très peu probable que les derniers examens, qui concernent des acteurs subalternes de l'affaire, débouchent sur une solution, a dit le magistrat. Un rapport final sera rendu dans les prochains jours.

Les recherches pourraient se poursuivre, mais aucune décision n'est encore prise et la chambre de l'instruction de Dijon, chargée du complément d'enquête, devra trancher, a-t-il ajouté.

La justice dispose d'enregistrements d'appels malveillants anonymes du "corbeau" qui menaçait la famille Villemin avant et après le crime, mais il faudra déterminer s'il est possible techniquement de tenter des comparaisons avec les voix de certains protagonistes.

L'affaire dite "du petit Grégory", l'un des faits divers les plus médiatisés du XXe siècle en France, s'est traduite jusqu'ici par un fiasco judiciaire.

Grégory Villemin, quatre ans, avait été retrouvé mort, pieds et mains liés, le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière proche de son domicile de Lépange-sur-Vologne, dans les Vosges.

L'enquête a été relancée en octobre 2008 après la découverte de deux ADN, un féminin et un masculin, sur une lettre anonyme de menaces adressée à Albert Villemin, le grand-père de Grégory, postée le 24 juillet 1985.

DE L'ADN SUR LES CORDELETTES

Des mélanges d'ADN féminin et masculin ont aussi été isolés sur trois cordelettes ayant servi à ligoter l'enfant.

Bernard Laroche, cousin du père de Grégory, avait été inculpé, puis libéré, avant d'être assassiné par le père de l'enfant le 29 mars 1985 - avant l'envoi de la lettre où ont été retrouvées les empreintes.

Jean-Marie Villemin a été condamné à quatre ans de prison pour ce crime et le couple Villemin a refait sa vie loin des Vosges.

Le juge d'instruction Jean-Michel Lambert avait au même moment mis en cause et même emprisonné la mère de l'enfant. La cour d'appel de Dijon a ensuite innocenté Christine Villemin en 1993 et reconnu qu'il s'agissait d'une fausse piste.

L'arrêt de 1993 rendu après une nouvelle enquête concluait qu'il subsistait des charges très sérieuses contre Bernard Laroche, mis en cause par de premières expertises en écriture et par un témoignage de sa belle-soeur, Muriel Bolle, qui s'est ensuite rétractée.

Dans sa déposition initiale, retirée du dossier pour vice de forme, elle expliquait que Bernard Laroche, venu la chercher en voiture à la sortie de l'école, avait enlevé en sa présence le petit Grégory, avant de l'emmener hors de sa vue en direction de la Vologne.

Elle a ensuite raconté avoir en fait pris le bus à la sortie de l'école, mais ses camarades de classe ont toujours affirmé l'avoir vu monter dans une voiture avec Bernard Laroche.

Nicolas Bertin et Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse