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Dupond-Moretti annonce que les insultes contre les maires seront qualifiées d'outrage

Le ministre de la Justice a par ailleurs annoncé une circulaire "dans les prochains jours, voire dans les prochaines heures", sans donner plus de détails sur les autres mesures.

Face à l'augmentation des agressions d'élus locaux, le gouvernement réagit. Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a annoncé ce mercredi que les insultes contre les maires seraient désormais considérées comme des outrages, au terme d'une réunion interministérielle à Matignon sur la violence contre les édiles.

"Nous allons suggérer au parquet de retenir cette qualification, car le maire qui est insulté, c'est un maire qui, au sens du droit pénal, est un maire outragé", a déclaré le garde des Sceaux, qui a annoncé une circulaire "dans les prochains jours, voire dans les prochaines heures" pour répondre aux agressions contre les élus.

Contrairement à l'injure "qui est souvent la qualification retenue" dans ces affaires, celle d'outrage permet la mise en œuvre des TIG (travail d'intérêt général), a rappelé le ministre.

"C'est simple, c'est pragmatique, c'est efficace et ça va dans le bon sens", a-t-il assuré, après une rencontre à laquelle ont participé les différentes associations d'élus, en présence du Premier ministre Jean Castex, du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et de la ministre de la Cohésion des Territoires, Jacqueline Gourault.

Une réponse "systématique" promise

La circulaire contiendra "un certain nombre de mesures qui nous permettent de dire aux maires à quel point nous sommes à leur côté", a promis Éric Dupond-Moretti, sans donner plus de détails sur son contenu.

"Cela implique que la justice donne une réponse proportionnée, bien sûr, systématique et immédiate, bien évidemment", a-t-il ajouté. Les associations d'élus reprochent à la justice sa lenteur pour traiter les cas d'agressions.

"Chaque agression commise contre un maire est une agression commise contre la République", a insisté le ministre, après un été marqué par différentes agressions contre des maires.

233 agressions de janvier à juillet

Selon les chiffres de l'Association des maires de France (AMF), 233 maires ont été agressés de janvier à juillet. Pour toute l'année 2019, ils avaient été 383 à subir des coups ou des insultes, contre 361 en 2018.

Son président, François Baroin, présent à Matignon, a refusé de commenter la circulaire avant d'en avoir connaissance. "Nous l'attendons avec beaucoup d'impatience". "Cette réunion était indispensable, nécessaire à la lumière de l'évolution d'une violence qui est incontestable dans notre société", a-t-il toutefois affirmé après la réunion.

Plusieurs agressions ont défrayé la chronique cet été, notamment celle de Francis D'Hulst, élu de la localité de Portbail dans la Manche frappé par des campeurs, ou celle de Philippe Becheau, maire de Saint-Philippe d'Aiguille, en Gironde, après s'être plaint de tapage nocturne. La semaine dernière, le maire de Chalifert (Seine-et-Marne) a été agressé à coups de poing par un de ses administrés pour un différend de voisinage.

M.D. avec AFP