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Discours de Valls: la presse sceptique face à un "catalogue de la Redoute"

La presse est circonspecte au lendemain du discours de Manuel Valls.

La presse est circonspecte au lendemain du discours de Manuel Valls. - Eric Feferberg - AFP

REVUE DE PRESSE - Les quotidiens nationaux et régionaux se montrent peu enthousiastes face au discours de politique générale de Manuel Valls. Et soulignent le danger pour le Premier ministre de se laisser entraîner par la chute de François Hollande.

Après le vote d'une confiance relative au gouvernement, les quotidiens restent mercredi circonspects sur le positionnement du Premier ministre sur une échelle gauche-droite. La formule des Echos résume ce sentiment:"Manuel Valls n'est peut-être pas social libéral, mais il n'est pas non plus social- démocrate. Comment le qualifier? Etatico-réformiste, peut-être. Si ce n'était un oxymore."

Pour le Figaro, "Manuel Valls devrait se méfier: il commence à se hollandiser," et d'insister "Bientôt, paralysé par son camp, Manuel Valls sera définitivement contraint à un immobilisme bavard. La 'hollandisation' est bel et bien en route..."

"Le petit catalogue de La Redoute résume trop peu le chemin à parcourir et l'horizon qui se dessine. Dommage. Parce que ce Manuel Valls possède un talent indéniable pour nous proposer un autre idéal. Mais pour l'heure, il compose avec le donneur d'ordre de l'Élysée. Douloureux...", regrette le Midi Libre.

"Un discours en trompe-l'oeil"

L'Opinion fait chorus. "En avril, Valls faisait du Valls. En septembre, Valls commence à faire du... Hollande." Comme d'autres, le quotidien libéral pense que "Manuel Valls ne s'adressait plus aux Français, mais aux frondeurs, actant en creux la paralysie accrue de l'exécutif faute d'assise politique."

"Notre modèle social? Le premier ministre veut bien le sauvegarder à condition de lui ôter ses points forts", s'indigne L'Humanité. "Ce discours en trompe-l'oeil est un nouveau répulsif pour la politique, brouillant les repères entre droite et gauche, roulant tambour sur des barriques vides".

La Voix du Nord estime pour sa part que Valls "le supposé briseur de tabous" a multiplié les oeillades en direction des bancs les plus à gauche", et tenté de "corriger son image de Tony Blair version française." "Beaucoup de contorsions pour appeler finalement de ses voeux le retour de Sarkozy et sortir de ce tête-à-tête mortifère à gauche", analyse Le Télégramme.

"Valls a souhaité implicitement le retour de Sarkozy"

"Le vote d'hier, s'il apporte peu sur le fond, verrouille, sans avoir à employer des armes constitutionnelles, deux autres votes délicats: le budget de l'État et le budget de la Sécurité sociale, examinés avant Noël", analyse Ouest-France. "Tout le monde est soulagé: les contestataires, parce qu'ils sont plus influents. Manuel Valls, parce qu'il peut continuer à gouverner après une rentrée calamiteuse," conclut le quotidien régional.

Le Journal de la Haute-Marne note de son côté que Valls "a souhaité implicitement le retour, dans l'arène, d''un ancien président de la République', entendez Nicolas Sarkozy." "Au passage - et ce n'est sans doute pas un acte manqué - le Premier ministre se hisse de facto au niveau d'une compétition présidentielle", envisage l'éditorialiste.

A. K. avec AFP