BFMTV

Deuxième journée d'audition pour Lagarde devant la CJR

La Cour de justice de la République poursuit vendredi l'audition de Christine Lagarde, qui s'explique depuis la veille sur son rôle dans l'arbitrage privé rendu en 2008 en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie. A l'issue de cette seconde journée, l'e

La Cour de justice de la République poursuit vendredi l'audition de Christine Lagarde, qui s'explique depuis la veille sur son rôle dans l'arbitrage privé rendu en 2008 en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie. A l'issue de cette seconde journée, l'e - -

PARIS (Reuters) - La Cour de justice de la République (CJR) poursuit vendredi l'audition de Christine Lagarde, qui s'explique depuis la veille sur...

PARIS (Reuters) - La Cour de justice de la République (CJR) poursuit vendredi l'audition de Christine Lagarde, qui s'explique depuis la veille sur son rôle dans l'arbitrage privé rendu en 2008 en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), qui était restée près de 13 heures jeudi dans les locaux de la CJR, est arrivée comme jeudi peu après 08h00 à la seule juridiction habilitée à juger les anciens ministres.

A l'issue de cette seconde journée, l'ex-ministre française de l'Economie sera soit mise en examen soit placée sous statut de témoin assisté. Elle devrait faire une déclaration à sa sortie, selon son entourage.

Une mise en examen pourrait embarrasser le FMI, même si son conseil d'administration a réaffirmé jeudi qu'il lui maintenait sa confiance.

Le FMI devra toutefois revoir sa position si la procédure devant la CJR venait à empêcher Christine Lagarde d'exercer son mandat, indique une source au sein de l'institution.

"Les fonctions du directeur général cessent lorsque le conseil d'administration en décide ainsi", selon les statuts de l'organisation. Tous les employés du FMI doivent "respecter les plus hauts standards d'éthique professionnelle", précise le code de conduite du personnel.

En mai 2011, Dominique Strauss-Kahn, alors accusé d'agressions sexuelles et de tentative de viol sur une femme de chambre d'un hôtel de New York, avait démissionné de ce poste.

Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, a estimé jeudi que Christine Lagarde devrait quitter le FMI si elle était mise en examen, alors que le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a déclaré qu'elle gardait "toute la confiance des autorités françaises".

La France perdrait alors son dernier poste dirigeant d'une institution internationale.

TAPIE NE CROIT PAS À UN RECOURS

Dans le cas d'une mise en examen, le ministère de l'Economie envisage un recours en nullité contre l'arbitrage privé qui a soldé le litige opposant le Crédit Lyonnais à Bernard Tapie.

L'homme d'affaires a pourtant dit ne pas s'intéresser au sort judiciaire de l'ancienne ministre, et fustigé les fantasmes entourant d'après lui cette affaire.

Dans Le Parisien, paru vendredi, il estime que l'arbitrage ne pas être remis en cause. "Pierre Moscovici fait ce qu'il veut, c'est sa responsabilité. Moi, je peux vous dire que la décision rendue par le tribunal arbitral ne peut pas être remise en cause", dit-il.

"Quand on a la chance d'avoir un trio arbitral composé du premier président honoraire de la cour d'appel de Versailles, Pierre Estoup, un ex-président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, et Jean-Denis Bredin, considéré comme une des valeurs morales les plus éminentes de France, on ne peut qu'écarter toute suspicion sur l'honnêteté de la décision", ajoute-t-il.

Une procédure visant Christine Lagarde est ouverte depuis l'été 2011 à la CJR pour complicité de détournement de fonds publics et de faux dans cette affaire.

La directrice générale du FMI, dont le domicile a été perquisitionné fin mars, dément toute malversation et a exclu de démissionner.

L'ancienne ministre de l'Economie avait choisi en 2007 de solder par un arbitrage privé un litige judiciaire concernant la revente en 1993, par le Crédit Lyonnais, d'Adidas, contrôlé par Bernard Tapie, qui s'estimait floué par la banque.

Le tribunal arbitral avait condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation (CDR), structure créée en 1995 pour gérer le passif du Crédit Lyonnais après sa quasi-faillite, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral (403 millions d'euros avec les intérêts).

Bernard Tapie a répété vendredi qu'il ne lui resterait en réalité moins de 100 millions d'euros sur cette somme, l'essentiel ayant servi à payer les frais de liquidation, les arriérés d'impôts et ses créanciers.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse