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Des soutiens de Macron l'attaquent sur sa politique sur les migrants

Emmanuel Macron en visite à Calais mardi 16 janvier.

Emmanuel Macron en visite à Calais mardi 16 janvier. - Michel Spingler - AFP

Jean Pisani-Ferry, Laurent Berger ou encore Thierry Pech cosignent une tribune dans laquelle ils fustigent la "rupture avec l'humanisme" d'Emmanuel Macron à propos des migrants.

Leurs noms sont peu connus du grand public, mais leur geste est important: cinq soutiens et proches d'Emmanuel Macron signent une tribune dans Le Monde ce mardi. Ils y dénoncent la politique menée par l'exécutif vis-à-vis des migrants, le jour où Emmanuel Macron s'est déplacé à Calais pour faire des annonces.

Laurent Berger (CFDT), Thierry Pech (Terra Nova) ou encore l'économiste Jean Pisani-Ferry rappellent dans leur texte la promesse présidentielle: "une politique de l'asile stricte, mais exemplaire". A l'aune des promesses d'Emmanuel Macron, "(sa) présidence se plaçait sous les auspices d'un humanisme responsable et assumé".

Les proches de Macron appellent à "un nouvel accord"

A leurs yeux, rien ne s'est déroulé comme prévu.

"Nous nous sommes hélas réveillés dans un pays où l’on arrache leurs couvertures à des migrants à Calais. Où l’on lacère leurs toiles de tente à Paris (…) Où des circulaires cherchent à organiser le recensement administratif dans les centres d’hébergement d’urgence, au risque de décrédibiliser le travail des associations et au mépris du principe d’accueil inconditionnel qui devrait seul régir ces sanctuaires".

Ils avertissent alors le Président. "Nous ne pouvons-nous retrouver [dans la politique migratoire actuelle]: elle a de fortes chances de ne pas atteindre ses fins (…) La seconde est que cette logique est en rupture avec l'humanisme que vous prônez". Tous les cinq appellent donc de leurs voeux "un nouvel accord aux termes duquel un office européen des réfugiés accorderait ou refuserait l'asile (...) puis répartirait équitablement les réfugiés entre les différents pays participants".

Ce mardi, le chef de l'Etat a annoncé plusieurs mesures concrètes, comme la prise en charge par l'Etat de la distribution des repas aux migrants, ou encore une "prime exceptionnelle de résultat" en 2018 pour les forces de l'ordre affectées dans le Calaisis. Pas sûr que ces mesures viennent satisfaire les signataires de la tribune.

A. K.