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Des primes de résultats pour les préfets méritants

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Selon Le Parisien, des primes de résultats sont accordées, en toute discrétion, aux très hauts fonctionnaires, depuis la fin de l’année 2009.

Chaque année, sous-préfets et préfets peuvent donc désormais toucher des bonus décidés en fonction d'objectifs précis en termes de sécurité publique, de sécurité routière, et d’aide à l’accès ou au retour à l’emploi.

Une prime au mérite

Ces « récompenses » appelées « indemnités de responsabilités » ont été entérinées par décret le 7 novembre 2008. Versées pour la première fois fin 2009, elles sont distribuées au mérite, en fonction d’objectifs précis à atteindre sur l’année, et qui touchent à la sécurité publique, à la sécurité routière et à l’emploi…Mais pas en nombre d'étrangers sans papiers. Un critère, qui aurait été évoqué, selon Le Parisien, mais qui n'aurait pas été retenu par le ministère de l'Intérieur.

Un bonus qui peut aller jusqu’à 66 000 euros par an.

Ces gratifications vont de 41.000 à 66 000 euros par an et s’ajoutent au salaire. Ce sont les préfets qui décident des primes à accorder aux sous-préfets. Le travail des préfets est, lui, évalué par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.

Pour les préfets, la prime au résultat peut s'élever à 66 000 euros à la fin de l'année ; un préfet touchant en moyenne 8 000 euros par mois. Pour les sous-préfets, ce bonus peut aller jusqu’à 41 000 euros ; un sous-préfet touchant 3 600 euros en début de carrière et jusqu'à 7000 euros en fin de carrière.

Il s’agit là des sommes maximales auxquelles les hauts fonctionnaires peuvent prétendre. Dans les faits, en moyenne, la prime s'élève entre 30 et 40 000 euros par an.

« C’est un peu du système libéral que l’on introduit dans la fonction publique »

Selon la sous-direction du corps préfectoral : « Les primes sont un moyen de récompenser ces grands serviteurs de l’Etat. C’est un peu du système libéral que l’on introduit dans la fonction publique, mais ces primes sont encadrées et répondent à des règles de transparence et d’équité. »

Le gouvernement le reconnaît par ailleurs. Le même système, où le manager note ses subordonnés à la fin de chaque année, est appliqué aux entreprises privées.

C’est bientôt toute la fonction publique qui pourrait y être soumise. Les directeurs départementaux, de l’équipement ou de l’agriculture, seront concernés dès la fin de l’année 2010. Et certains corps de métiers, comme celui des commissaires de police, le réclame.

D'autres, en revanche, craignent les inégalités et les dangers qui peuvent découler de la rétribution aux résultats dans la fonction publique. Ils dénoncent aussi une décision injustifiée en période de rigueur.

Interrogé lundi matin sur RMC, Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat de policiers Unité SGP-FO, estime que « ce qui est choquant, c'est qu'on mette des primes à des Préfets qui sont les représentants de l'Etat. Il est choquant que l'on puisse laisser penser que ce représentant de l'Etat ait besoin d'une carotte et d'une prime de résultat pour faire son boulot ».

bourdinandco