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Des convergences entre LFI et RN? Pour Mélenchon, "les divergences" se sont au contraire "creusées"

Le leader de la France insoumise a estimé jeudi qu'avec les gilets jaunes, "les divergences s'(étaient) creusées" entre lui et Marine Le Pen, contrairement à ce que la présidente du RN avait elle-même estimé la veille.

Jean-Luc Mélenchon s'est distancié des propos de Marine Le Pen ce jeudi, dans une interview accordée à Brut, alors que la présidente du RN avait dit avoir relevé des points de "convergence" entre leurs deux partis depuis la crise des gilets jaunes.

"Marine Le Pen est habile, c’est une manière de me mettre dans l’embarras" a déclaré Jean-Luc Mélenchon. "Elle dit qu'il y a des convergences, mais lesquelles? (...) Moi j'ai l'impression que les divergences se sont creusées", poursuit le député des Bouches-du-Rhône. "Tout le monde se souvient de nos débats confrontations. C’est le jeu du gouvernement, du parti socialiste de dire 'tout ça c’est la même chose'".

"Elle est pour la monarchie présidentielle, contre le passage à la VIe République, contre le référendum révocatoire (...), contre l'augmentation du Smic", a-t-il encore énuméré. 
"Moi je suis un universaliste, elle est sur une ligne ethniciste, elle croit qu'un peuple se définit par sa religion, sa couleur de peau, alors que pour moi un peuple se définit par les principes qu'il met en commun", a ajouté Jean-Luc Mélenchon.

La cagnotte au boxeur, "je n'ai pas eu le temps de participer"

Dans ce long entretien au média audiovisuel en ligne Brut, le chef des Insoumis a aussi réitéré son soutien aux gilets jaunes, qu'il a jugé être "une chance pour la France". "Ils peuvent changer plein de choses" a-t-il déclaré. Il a néanmoins estimé que ce n'était pas aux "forces de l'ordre personnellement qu'il (fallait) s'en prendre". "Ils ont raison d'en avoir marre", a-t-il ajouté, se déclarant néanmoins opposé à la cagnotte Leetchi ouverte pour soutenir les forces de l'ordre. "C'est un corps constitué, c'est à l'Etat de s'en occuper", a-t-il jugé.

Il s'est cependant prononcé en faveur de la cagnotte de soutien au boxeur Christophe Dettinger, désormais clôturée, l'homme soupçonné d'avoir frappé des gendarmes mobiles lors de la dernière mobilisation des gilets jaunes.

"Je n"ai pas eu le temps de verser dedans qu’elle était déjà interdite", a fait savoir Jean-Luc Mélenchon, ajoutant: "Je l’aurais fait discrètement. C’était pour sa famille, pour aider sa famille."

Jeanne Bulant